Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
En arrivant à
la Raffinerie de Charleroi, bel endroit dédié à la danse, nous sommes prévenus : « cette pièce est fragile ; il ne doit y avoir ni bruit, ni lumière. Les GSM
doivent être impérativement éteints ». Une ambiance de recueillement règne dans la salle comme si personne n’osait bouger et parler. Sur scène, le rideau est comme en aluminium ; il nous
renvoie notre propre image. La lumière baisse pendant qu’un grondement se fait de plus en plus sourd. Ils sont cinq, habillés en noir mais leurs bras sont blancs. Progressivement, nous ne voyons
qu’eux. C’est hypnotisant et me voilà plongé dans un autre univers. Il n’y a pas de musique et je ne bouge plus, de peur de faire du bruit (trois personnes autour de moi n’ont pas cette
délicatesse…). Chaque danseur dessine avec ses bras des formes carrés. J’assiste alors à un ballet de mouvements assez jolis. Je me mets à rêver de les voir s’entremêler pour créer un univers
poétique. La suite brise cet espoir. Je suis immergé dans un environnement plus proche de la physique que des sciences naturelles ! Les bras dessinent des formes en W, en V mais il n’y a pas de
O… Cela devient mécanique, les gestes sont systématiques et je suis loin de la systémique ! Puis, au hasard d’une forme, je m’imagine dans un flux de communication mais le W revient…