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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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« Swing » au Kunsten : Leçon n°1, chapitre 1…Leçon n°2, chapitre 2, …

C’était peut-être l’une des créations qui pouvait faire l’évènement du KunstenFestivaldesArts de Bruxelles. Une compagnie flamande (« De Parade ») installée à Bruxelles décide de croiser l’histoire du jazz avec les violences envers les noirs dans les années trente. Le metteur en scène Rudi Meulemans « fonde son théâtre épuré dans la recherche documentaire qu’avec ses acteurs, il inocule de fictions personnelles ». Quelle trouvaille ! Sur scène, c’est effectivement très épuré. Les trois acteurs évoquent à tour de rôle leur histoire, qu’ils relient à celle du jazz, ponctué de souvenirs personnels sur le racisme envers les noirs. Dans ce décor de musée fait de caisses de vieux vynils, je m’ennuie. Cette succession de récits linéaires provoque bâillements et autres lourdeurs corporelles. Pourquoi ce spectacle au cœur d’un festival qui prône le décloisonnement entre les arts ? Le seul moment qui relie ces acteurs est pour le moins pathétique. En effet, trône sur le côté, un vieux microphone qu’il faut stabiliser sur sa table, faute de quoi le son passe du 33 tours aux 2 tours…Il faut être trois pour réaliser cette performance ! Cela fait sourire la première fois, puis je m’agace de ces acteurs qui nous parlent face à face, aux corps quasi statiques, loin du jeu théâtral. Lorsqu’ils se déplacent, c’est pour fouiller dans leurs cartons ou boire un petit verre d’eau.
Au final, j’ai l’étrange sensation que seuls des « blancs » pouvaient créer une pièce pareille. Ils regardent l’histoire de haut et n’habitent ni la leur, encore moins celle du jazz. Leur ton professoral confère à l’ensemble un aspect poussiéreux que vient confirmer leur absence de créativité. Est-ce du théâtre ? J’aurais préféré une lecture à trois. Cela aurait eu le mérite de positionner cette pièce. Enfermé dans son concept, Rudi Meulemans ne voit pas la pluridisciplinarité et choisit de cloisonner plutôt qu’ouvrir le jeu des acteurs. Cette obstination s’apparente à de l’orgueil. Déplacé.

Photo:
Jan De Vocht – Academie Anderlecht.

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