Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
L’exposition du
grand Palais résulte de la volonté de Dominique de Villepin de réaliser des panoramas réguliers de la création contemporaine française. A la différence de "L’Enfance de l’Art", une récente exposition de la Fondation Cartier, le but n’est pas de montrer la jeune création contemporaine, mais des artistes confirmés, comme
Fabrice Hybert, Bernard Frize, Alain Séchas ou Giuseppe Penone (oui ces derniers ne sont pas français, mais le commissariat de l’expo a considéré que le fait de vivre en France était suffisant
pour pouvoir faire partie de « la force » : contradiction ou cohérence avec les lois Sarkozy sur l’immigration ?)
Le lendemain, devant les photographies de
Willy Ronis, j’ai les larmes aux yeux. Le regard porté sur les parisiens est si touchant que l’on comprend pourquoi son œuvre a été associée à la « photographie humaniste ». Nous hésitons à
enchaîner sur l’expo Paris au cinéma, mais Willy Ronis m’a déjà rasséréné, je n’ai plus de place pour accueillir autre chose, je veux rester encore un peu dans son univers
bienveillant.
Dernier jour. Mus par la volonté de comprendre, nous décidons de nous rendre à la Villette pour « L’amour, comment ça va? ». Un sympathique médiateur de l’exposition nous indique dès l’entrée que les œuvres que nous allons voir ne traitent pas de l’amour. Ah
bon ? Non, elles traitent de ce qui fait souvent obstacle à l’épanouissement de l’amour. C’est-à-dire de la précarité, du handicap, de l’intolérance. La précarité sociale qui nuit à l’amour,
mais oui ! Ça me fait penser au documentaire "Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés" ! Le médiateur se plaint que je ne sois pas
attentive. Je lui pardonne, il est sympathique. A la différence de "La force de l’art", les regroupements thématiques sont ici intelligibles et
pertinents. Photographies, installations, vidéos, se mêlent à des extraits de films : "La lectrice" de Michel Deville, "Tout sur ma mère" de Pedro Almodovàr ou "Les Virtuoses" de Mark Herman. Les choix sont à la fois audacieux et didactiques.
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