Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
La mise en scène est lourde : elle ne
parvient pas à reconstituer le groupe, ni la complexité des individus. Elle flotte, tâtonne, balade le spectateur d’un bout à l’autre de la scène à la recherche du sens. Tout est joué au premier
degré (la rencontre amoureuse) et l’atmosphère devient pesante, niaise et nous fait oublier le contexte social et politique de l’époque. C’est lisse, aseptisé à l’image du jeu des comédiens qui
endosse difficilement leur rôle d’acteur – chanteur. Il faut attendre la dernière partie où Mathieu Bauer transcende le roman de Steinbeck pour en faire une œuvre théâtrale. Ironie du sort,
c’est le cinéma qui l’aide à donner du relief à ses personnages où, projeté sur l’écran, chacun expose sa stratégie pour rapprocher les deux tourtereaux. C’est le comique de situation (où deux
comparses se lavent à la bière dans une minuscule cuvette) qui procure la mesure du potentiel de Mathieu Bauer à faire du théâtre, appuyé par des dialogues qui font
mouche.