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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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« Tendre Jeudi » par Mathieu Bauer au Festival d’Avignon : "tournez manège !"

Premier spectacle, première canicule, premier bide du Festival d'Avignon. L’équation est imparable. Et pourtant, « Tendre jeudi » d’après le roman de John Steinbeck et interprété par le sympathique « Sentimental Bourreau » de Mathieu Bauer a de quoi séduire. La scène est à l’articulation d’un concert rock, d’une projection cinématographique et du théâtre de rue : tout est en place pour positionner le spectateur au cœur d’un enchevêtrement. Au final, il reste collé au ras du sol.

 

Nous sommes en Amérique, après la seconde guerre mondiale, dans une petite rue d’un port de pêche, « la rue de la sardine ». C’est une communauté qui vit à la marge où solidarité, combines en tout genre, prostitution et recherche scientifique se côtoient pour former une belle fresque humaine. Doc, le personnage principal, est en proie au démon de la solitude affective que ses travaux sur les poulpes, serpents et autre animaux gluants ne peuvent combler. La rue se mobilise pour que Suzy, jolie fille fraîchement débarquée et prostituée débutante, succombe au charme de ce scientifique hors norme pendant que le groupe lance une tombola douteuse pour lui offrir un nouveau microscope. Pour nous restituer l’atmosphère de cette Amérique, Mathieu Bauer ponctue l’histoire de morceaux musicaux bien choisis, mais peine à trouver les articulations qui permettraient à « Tendre jeudi » d’être une pièce décalée et innovante. Je me surprends à attendre patiemment qu’il se passe quelque chose.
file-3260W.jpgLa mise en scène est lourde : elle ne parvient pas à reconstituer le groupe, ni la complexité des individus. Elle flotte, tâtonne, balade le spectateur d’un bout à l’autre de la scène à la recherche du sens. Tout est joué au premier degré (la rencontre amoureuse) et l’atmosphère devient pesante, niaise et nous fait oublier le contexte social et politique de l’époque. C’est lisse, aseptisé à l’image du jeu des comédiens qui endosse difficilement leur rôle d’acteur – chanteur.  Il faut attendre la dernière partie où Mathieu Bauer transcende le roman de Steinbeck pour en faire une œuvre théâtrale. Ironie du sort, c’est le cinéma qui l’aide à donner du relief à ses personnages où, projeté sur l’écran, chacun expose sa stratégie pour rapprocher les deux tourtereaux. C’est le comique de situation (où deux comparses se lavent à la bière dans une minuscule cuvette) qui procure la mesure du potentiel de Mathieu Bauer à faire du théâtre, appuyé par des dialogues qui font mouche.
On est finalement troublé d’être gagné par l’ennui alors que tout est en place pour relier deux époques : celle de Steinbeck, celle d’aujourd’hui, paupérisée par la politique de Bush.
"Tendre jeudi" est une pièce sentimentale et pas tout à fait bourreau…
Pascal Bély
www.festivalier.net


♥♥♥♥♥♥ «Tendre jeudi» par Mathieu Bauer / Sentimental Bourreau a été joué lle 7 juillet 2007 dans le cadre du Festival d'Avignon.

Crédit photo:

© Christophe Raynaud de Lage/Festival d'Avignon
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E
Et bien non Marie Jo ! Je ne suis pas le "pécou masqué", pas plus que le"concombre" d'ailleurs... Cher Pascal, je vous trouve également dur avec cespectacle... certes on aurait peut être souhaite plus de rugosité, dedistorsion, mais si on passe outre les 45° du gymnase Aubannel, cela resteune très jolie forme.
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M
J'ai fait un pari et crois te reconnaître pécou masqué!on verra si j'ai raison quand je te verrai! Dès ce soir?!
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P
Entre Marie-Jo et Pascal, mon coeur balance. J'ai vu "tendre jeudi" et je pense que vous avez raison tous les deux. Je sais, c'est centriste! Pourquoi pas?Le pécou masqué.
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L
Mais c'est précisement ce que je reproche à Bauer: d'avoir nié le contexte social! En tout cas, on ne le joue pas comme ça avec autant de bons sentiments!!! L'éducation sentimentale? Mais de quoi parlons-nous? La relation amoureuse est bien plus complexe que ne le laisse voir et entendre Bauer. Dans quelle époque vit-il pour nous laisser croire qu'il suffirait de regarder en arrière pour penser l'amour d'aujourd'hui et de demain?? L'amour c'est dur, dur, dur...encore plus difficile au temps de la communication, de la globalisation, ...J'ai une soif de comprendre et non d'apprendre!!Mais où sommes-nous pour voir une pièce sans aucune prise de risque? Et puis zut, je suis au Festival d'Avignon...
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M
TROP DURE LA CRITIQUE ET TROP EN AVANT ! il fallait savoir se laisser aller à l'humanisme du texte et du projet, M Bauer est doué pour réussir à ne pas nous "saouler" avec trop de video, d'extraits de films , de circulation en haut en bas. sentimental bourreau recrée une atmosphère, un univers et "nous deux " a permis de faire l'éducation sentimentale de beaucoup d'entre nous: la rencontre amoureuse n'est jamais une affaire aussi intime que l'on croit. Le contexte social , le jeu des acteurs tout m'a enchanté là où Pascal ne voit que niaiserie? pas d'accord! un spectacle avec une histoire, du jeu, de la musique tendre et sentimentale (suis je une midinette dans l'âme?) un propos honnête que demander de plus après le spectacle "fuck" de C Fiat? Bien sûr après il y a H Muller....J Moreau et S Frey.....
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