Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
Cette œuvre est majestueuse à plus d’un titre. Alors que l’on ne voit jamais leur corps, celui-ci est omniprésent. On ne voit que lui, on ne pense qu’à lui. Les tentes font corps et c’est bouleversant. Elles se débattent, crient, abdiquent en s’effondrant. Les tentes se plient, se déplient comme la douleur, comme un secret trop lourd à porter. Les lettres projetées sur l’écran informent sur le contexte en Iran, mais nous interpellent aussi. À quoi joue l’Europe ? Pourquoi la bureaucratie fait-elle vivre aux femmes iraniennes en exil un enfer quotidien ? Je me cramponne à mon fauteuil quand la folie s’immisce dans ce collectif sur fond de rock. Je m’émeus de leur solidarité quand une crie : « j’ai besoin d’être soutenu ». Je repense aux féministes des années 70. Le combat pour la dignité des femmes est actuel, universel.
J’ai peur pour elles alors qu’une tente s’effondre pour se transformer en linceul. Elles tourbillonnent comme un vent de folie, comme un enfermement en mouvement. Des photos de famille sont projetées à l’image du tchador qui se transmet de génération en génération. C’est alors que les quatre femmes de Michel Kélémenis dans les «Aphorismes géométriques » traversent ma pensée. Ce sont les mêmes femmes. De France et d’Iran, elles dansent les mêmes mouvements, ceux de la complexité des sentiments dans un monde pensé par les hommes. Je suis ému, impuissant comme un occidental et pourtant, ces femmes en exil sont à Montpellier Danse. C’est sûr, cela va s’ouvrir, c’est inéluctable. La danse est là pour pousser les frontières.Cela commence par une mauvaise plaisanterie. Il est 20h20. Dans l’attente de voir la dernière création du chorégraphe italien Emio Greco, « Hell » (l’enfer en français), le public de Montpellier Danse installé dans le beau Corum, a droit à un amuse-bouche. Ils sont six à danser sur des tubes pop-rock. C’est plaisant cinq minutes. Mais il est 20h45 et l’enfer a déjà commencé. Pas de doute, ce sont les danseurs de Greco qui nous offrent cette chorégraphie vulgaire et insipide. Est-ce une provocation ? Toujours est-il qu’un bruit violent vient signer la fin de la partie et revoilà nos danseurs de cabaret transformés en…piètres danseurs d’un ballet contemporain.
Je vis l’enfer in situ : endormissement progressif suivi d’une colère intérieure (« mais à quoi rime cette chorégraphie ? ») puis d’un stress de plus en plus fort (« je veux partir. Mais quand ? Comment ? »). L’évolution de ces ressentis n’est pas sans me rappeler les quelques colères dont je suis capable d’avoir au cours d'un spectacle. Elles ont souvent les mêmes origines : la forme prime sur le fond, le geste annule le sens, la case empêche le tout et je me sens exclu de la danse (ce qui n’est pas sa finalité me concernant !).
« Hell » est donc un cauchemar artistique. Mais revenons aux intentions de ce chorégraphe prétentieux : « Nous n’avons rien contre la virtuosité, au contraire, nous aimons la danse, alors il faut la dépenser pour mieux la faire partager. La vitesse est très importante pour moi, parce que quand je danse, je suis toujours porté vers l’avant, je sens que des choses en avant sont disponibles, après lesquelles je dois courir. J’ai toujours la sensation que si je n’y vais pas le plus vite possible, elles vont s’effacer. La vitesse est une nécessité, nos interprètes et moi devons en passer par là, c’est une question de vérité ». Face au vide abyssal du propos, j’aurais dû me méfier. En tout cas, Emio Greco me permettra de douter de son amour de la danse. Il s’en sert comme un outil pour soutenir son propos fumeux.
Au mieux, je n’ai rien compris. Au pire, cette danse est le joujou d’un nouveau riche venant de découvrir que tout lui est acquis. Il ferait mieux d’arrêter de courir après le vide, de se poser avec ses danseurs pour remettre du sens, et rechercher la vérité ailleurs que dans une course de fond. Après quoi, il pourra revenir à Montpellier Danse avec moins de prétentions et donner à ce public de connaisseurs ce qu’il est en droit d’attendre : ni l’enfer, ni le paradis, mais la scène.
Crédit photo : Barbara Meneses et Guiterrez Basil Childers.
À Montpellier Danse, le corps nous dit tant…
Montpellier Danse est une manifestation culturelle unique. Pour s’en convaincre, il fallait voir mercredi dernier, les visages rayonnants des chorégraphes venus de Turquie et d’Israël, heureux d’être produit par ce festival. J’étais content d’être français et européen au moment où les lois Sarkosy font honte « au pays des droits de l’homme ».
Au théâtre du Hangar, il fait une chaleur étouffante (« notre mission n'est pas de payer la climatisation de ce théâtre » dixit la Surveillante Générale de Montpellier Danse…consternant). Ces mauvaises conditions ne facilitent pas la concentration du spectateur alors que Filiz Sizanli et Mustapha Kaplan venus d’Istanbul, nous présentent une œuvre exigeante (« Graf »). Ils sont deux, architecte et ingénieur de formation, à vouloir conceptualiser un « espace machine » qui « transforme l’énergie du corps en énergie électrique…le corps est ainsi travaillé soit comme une statue en mouvement, soit comme un objet plastique ». Vous l’aurez compris, ce duo nous propose une danse expérimentale où le corps sert de matériau vivant pour se métamorphoser dans un espace lui aussi en mouvement. Pour cela, le dispositif scénique fait avec trois fois rien est tout simplement majestueux : une ficelle avec des poulies permet de créer des espaces où les danseurs évoluent ; une caisse en plexiglas facilite le jeu avec la lumière et donne au corps des formes différentes ; des néons permettent aux danseurs de s’y balancer comme un trapéziste. Il y a dans ce travail un désir de créer du sens (quel corps pour quelle société ?), de rechercher l’énergie pour la traduire en chorégraphie. Je n’ai pas perçu de réponse toute faite, mais plutôt une mise en scène qui permet au spectateur d’élaborer sa vision. À la robotisation du corps dicté par les lois du commerce mondial, Filiz Sizanli et Mustapha Kaplan, répondent par la nécessité de se réapproprier des espaces, d’en créer d’autres afin que le corps devienne source d’énergie créative au moment où certains fondamentalistes religieux voudraient l’enfermer. Cet engagement, dans un contexte turc pour le moins défavorable à la danse, est tout à la fois une prouesse artistique et un acte politique. Chapeau bas.
Après la Turquie, rendez-vous est donné à 22h30 au Théâtre de Grammont par la chorégraphe israélienne Tal Beit-Halachmi pour son « Dahlia bleu ». Ils sont cinq sur scène dont une chanteuse pour évoquer Modelet, le pays natal de la chorégraphe. De cet infiniment petit sur la carte, Tal Beit-Halachmi nous propose pendant plus d’une heure vingt un voyage global ! Ces quatre danseurs, tous magnifiques, me font ressentir la complexité du lien entre territoire (au sens de terroir), l’histoire intime et le destin national d’un pays dans un monde globalisé. Tal Beit-Halachmi provoque d’incessants allers – retours entre l’intime et le global qui parfois nous perdent lors de quelques scènes très conceptuelles. Mais l’ensemble a de la hauteur, une tenue. Les corps expriment tout à la fois Moledet, territoire de montagne, l’histoire douloureuse d’Israël, et le contexte actuel. Je suis ému par ce quatuor qui métaphorise à ce point cette triple articulation. Comme beaucoup de français, je connais Israël à travers le prisme du conflit avec les Palestiniens. Je quitte le Théâtre avec un autre regard, plus humain, plus proche. Je pars avec l’émotion de Tal Beit-Halachmi pour qui jouer le « Dalhia Bleu » à Montpellier Danse semble être plus qu’un acte créatif, comme un devoir de mémoire pour repenser l’avenir. Chapeau bas.
Le jour le plus long d’Anne Teresa de Keersmaeker à Montpellier Danse.
Le Corum de Montpellier est un bâtiment imposant. La dernière création d’Anne Teresea de Keersmaeker « D’un soir un jour » s’est moulée dans l’architecture de ce lieu dédié à la danse et aux orchestres symphoniques. Le résultat au bout d’une heure quarante est pour le moins décevant.
« D’un soir un jour » n’a pas la hauteur, la légèreté de ses deux précédentes oeuvres « Raga for the Rainy Season (musique d’un raga indien) et « A love supreme » en hommage au jazz. Les musiques de Debussy, de Sravinsky et de George Benjamin interprétées en direct par l'Orchestre National de Montpellier donnent à cette journée des couleurs pâles, une ambiance de fin d’automne. Je m’ennuie à la limite de l’endormissement lors de la première partie. L’entracte me permet de reprendre de l’énergie et de me rassurer avec quelques spectateurs (« Suis-je fatigué, ou bien est-ce cette création? »).
La deuxième partie est plus enlevée, mais la fin traîne en longueur. Je suis surpris de ne presque jamais entrer dans cet univers comme si la danse, en collant de si près à la musique, perd de sa créativité, de sa puissance. J'ai parfois même l'impression que les danseurs attendent l'Orchestre! Il y a des passages d’un académisme troublant (comme si nous revenions à la danse de ballet !) ; d’autres sont plus contemporains, mais le collectif ne porte pas, ne fait que passer. Il y a une désarticulation entre le groupe, les solos et les duos qui m’empêche d’être porté par une dynamique d’ensemble. Il y a bien sûr, quelques moments de toute beauté (une danseuse, une table…une morgue à la fin. Sublime), et quelques clins d’œil amusants (une vidéo où des joueurs miment une partie de tennis, perdent la balle que nous retrouvons sur scène. Jubilatoire). Mais «D’un soir un jour » est triste, conventionnelle. Le baiser entre deux hommes qu'une femme tente d'empêcher frôle le ridicule. La seule scène de liesse tombe à plat, comme un bon jeu de mots qui glacerait une table d’amis ! Le décor proche d’une friche industrielle n’aide pas : la lumière vert pâle, les néons qui montent et descendent jusqu’à réduire cette scène immense à la portion congrue, limite la vision, empêche la danse et ne permet pas d’échappatoires.
Je quitte le Corum désabusé. Les klaxons de la rue m’agressent (la France vient de battre le Brésil). Je rêve d’une autre soirée, d’un autre jour. Avec pourquoi pas Anne Teresa de Keersmaeker accompagné d’un groupe de pop - rock ». Je ne suis même plus sûr d’en avoir envie…
A lire la critique sur «Raga for the Rainy Season » et « Love supreme » présentés au Festival de Marseille en juillet 2005.
Crédit photo : Hermann Sorgeloos
Le public de Montpellier Danse chorégraphie « Ha ! Ha ! » de Maguy Marin.
En mars 2005, Jerôme Bel avec « The show must go on » provoquait un joli séisme au Théâtre des Salins de Martigues en interrogeant, par la provocation, les raisons pour lesquelles nous venions le voir.
En juillet 2005, le Festival d’Avignon positionnait le public dans un autre rapport à l’art théâtral en proposant des œuvres métaphoriques et des performances. Le débat « texte ou pas » clivait la presse nationale.
En mai 2006, Le KunstenFestivaldesArts de Bruxelles poursuivait cette dynamique en invitant le spectateur à repenser le rationalisme pour se projeter dans un monde plus complexe où les aléas et les incertitudes seraient source de créativité.
Montpellier Danse ne pouvait donc pas rester à l’écart de ce mouvement de fond. La chorégraphe Maguy Marin, avec « Ha ! Ha ! » a eu le courage d’interroger la fonction du rire dans une société qui fuit la recherche du sens. Comment expliquer le désir croissant du public à vouloir se détendre dès qu’il va au théâtre ? Comment interpréter la part dominante des émissions de divertissement entre 18h et minuit sur les chaînes de télévision ? À quoi font référence les expressions si souvent entendues, prononcées le plus souvent sur un ton moqueur : « Pourquoi te prends-tu la tête ? », « Si en plus il faut penser au travail quand je vais voir un spectacle ! ». Cette recherche du divertissement gagne progressivement le public de la danse. Que se joue-t-il ? Dans le contexte actuel français, le rire, loin d’être créatif et libératoire, cache, masque la complexité des situations. Il s’articule sans aucun problème à la pensée linéaire, au discours politique le plus simpliste. Une société qui veut rire de tout, se distraire à tout prix, prépare le fascisme.
Courageusement, Maguy Marin a décidé de réagir. Il y a urgence à renvoyer un questionnement au public, de peur de voir en France et en Europe, l’art disparaître. Pour cela, nous avons à nous repositionner : il n’y a plus d’un côté les artistes qui proposeraient une création pour, de l'autre, des spectateurs consommateurs passifs. Même Helena Waldmann a compris la nécessité d’interpeller le public lors de « Letters from Tentland Return to sender » vu une semaine auparavant.
Je ne souhaite pas faire part de ce qui s’est passé à l’Opéra Comédie de Montpellier, dimanche soir. Il y aurait un paradoxe à expliquer un processus qui vous empêchera de le vivre. Toutefois, avant de courir voir cette œuvre, sachez que Maguy Marin inverse les prémices : nous sommes les acteurs, les danseurs sont les spectateurs. De la sorte, elle propose un art conceptuel et c’est à nous de recréer le concept. Ce nouveau positionnement nous aide à redevenir acteur, à sortir de la soumission imposée par la société du divertissement. Elle provoque un électrochoc salutaire en nous accompagnant à retrouver la posture du dedans – dehors qui seule permet de recréer un lien avec l’art, avec les artistes.
Oui, grâce à Maguy Marin, je n’ai plus honte de me prendre la tête. Elle me redonne la force de continuer ce blog, de poursuivre le chemin tracé depuis tout jeune : c’est la recherche du sens qui fait une vie. Maguy Marin a porté ma voix, celle de beaucoup d’autres. Elle m’a libéré des vexations dont je peux parfois faire l’objet (la dernière en date : "à quoi ça sert de voir tous ces spectacles ? N'as-tu pas envie de lâcher ?" ; le tout dit en riant !).
J’ai crié « Bravo » pour masquer les insultes d’une partie du public. À ceux qui ne perçoivent pas la menace sur l’art dans notre pays, rendez-vous dans les villes où Maguy Marin proposera « Ha ! Ha ! ». Revenez sur ce blog. Échangeons. Passionnons-nous. C’est l’une des ripostes au totalitarisme ambiant.
Sous les pavés, l’art et le social…
A Montpellier Danse, « Bleu de terre rouge » laisse de marbre.
Au studio des Ursulines, Rita Quaglia et Lluis Ayet sont sur scène pour évoquer leur voyage à Jérusalem en compagnie d’un photographe. Comment faire part de ce voyage en articulant la danse et la photographie et faire ainsi ressentir toute la complexité de cette ville ? Comment relier le langage du corps avec celui des images ? Ce joli défi esthétique est en parti réussi. La scénographie est de toute beauté lorsque les deux danseurs bougent des panneaux où sont projetés des éclats de photo. Cette mise en espace nous immerge dans une ville fragmentée, où les communautés se cloisonnent et n’arrivent plus à communiquer. La bande-son facilite l’immersion. Je ressens le talent d’Annie Tolleter, scénographe, déjà remarquée dans « La place du singe » de Mathilde Monnier et Christine Angot lors du Festival d’Avignon en 2005.
Mais cette esthétique masque le propos chorégraphique, souvent réduit, face à l’imposante mise en scène. Je n’arrive plus à percevoir le lien entre la danse et la photographie comme si la forme prenait le pas sur le fond. Surtout, je ne ressens pas Jérusalem à travers les corps. Les deux danseurs semblent ne jamais communiquer. De murs, je ne vois pas de pont. Toutes ces fragmentations empêchent d’avoir accès au ressenti du photographe, au lien qu’il a pu entretenir avec les danseurs si bien que « Bleu de terre rouge » m’est apparu froid comme une mécanique bien huilée. À trop vouloir se perdre dans les rues de Jérusalem, Rita Quaglia et Lluis Ayet ne voient plus le territoire et me perdent avec leur plan si détaillé.
À Montpellier Danse, Nacera Belaza et son temps du repli.
À la lecture de la présentation du spectacle, je comprends que Nacera Belaza, chorégraphe en résidence au Blanc – Mesnil, a vécu une période de repli sur elle-même. Ce qu’elle en écrit est intelligent : « Être danseuse et chorégraphe sont pour moi deux postures indissociables. Le point de vue de l’une alimente celui de l’autre, si je vois « clair » dans mes pièces c’est parce qu’aussi je suis à l’intérieur. J’ai souvent la sensation de les construire du dedans et du dehors. Mon espace de travail, lui, a toujours été un lieu privilégié qui m’a permis d’explorer mes principales préoccupations telles que : le silence, la lumière, le vide, l’obscurité, la vie, la fin, l’être humain…Tout cela à travers le corps. Cette recherche a nécessité par conséquent un véritable repli afin de nous couper du bruit de la rue et de nos vies ».
À présent, Nacera Belaza souhaite s’ouvrir, « refaire surface » et nous faire part de sa vision de l’être humain. C’est ambitieux, mais la danse m’a déjà habitué au défi de nous aider à comprendre notre complexité. Je suis donc curieux à l’idée de l’accueillir d’autant plus que je ne la connais pas. Le Théâtre de Grammont est comble, composé de pas mal de professionnels et d’amis de la chorégraphe, pour assister à « Titre provisoire / un an après… ».
Tout commence par une attente de dix minutes que le public semble ne pas supporter. Un magnifique jeu de lumières baigne la scène agrémentée d’un bruit d’une forte pluie tombant sur un toit. Cette alchimie m’évoque le repli sur soi, le travail intérieur, la découverte de nouveaux sens. Là où certains spectateurs manifestent leur angoisse du vide, je ressens la présence de l’artiste dans ce chaos. Progressivement, une silhouette se dessine à travers la vidéo. Je ne vois pas bien s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. L’ambiguïté est jubilatoire. Puis, par une étrange transformation, là voilà, humaine, qui arrive lentement sur la scène en hochant la tête. Sa venue rassure le public. Elle est suivie par deux danseuses, habillées à l’identique, dansant les mêmes mouvements. On croirait deux clones. C’est alors que le trio se met en place pour danser une valse où les gestes se répètent (rondeur, révolte, cassure). Ce langage du renouveau, du « refaire surface » est pauvre, presque anesthésiant. L’ennui me gagne. Cela ne m’évoque plus rien. À qui s’adresse-t-elle ? D’une posture de repli, Nacera Belaza nous offre une ouverture à partir d’un langage fermé. C’est comme si elle voulait expliquer la psychologie avec la musique des chiffres ! Je ressens progressivement un malaise…je ne me sens pas à ma place, comme un voyeur.
La fin du spectacle semble approcher. Elle reste seule et se met à tourner en rond. D’une ouverture, je ne sens que de la fermeture. Elle quitte la scène pour réapparaître sur l’écran vidéo. Elle danse au ralenti. Le langage ne change pas. Elle est dedans ; le public dehors.
Au final, « Titre provisoire / un an après… » est une œuvre égocentrique dont je ne doute pas de la valeur thérapeutique pour son auteur. Cela aurait pu être une danse autobiographique capable de faire résonance avec notre histoire. De résonance, je n’en ai pas entendu l'écho.