Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

Publicité

Au Festival d'Avignon, « Battuta » de Bartabas tourne joyeusement en rond.

  En 2003 au Festival d'Avignon, Bartabas avait choqué de nombreux professionnels et spectateurs au sujet de la crise des intermittents. Replié dans son Théâtre Équestre, il était apparu méprisant, autoritaire et loin des réalités économiques et sociales. Sa création d’alors « Loungta, les chevaux de vent » ne fut jamais montrée. J’en garde envers l’homme un ressentiment. Seul l’artiste peut me faire oublier ses paroles.
Trois ans plus tard, je me rends au Domaine de Roberty, près d’Avignon, pour « Battuta » . Le chapiteau est bondé ; le public survolté applaudit à tout rompre. Le dispositif scénique est de toute beauté : au centre, un puits de lumière d’eau descend. Sur chaque côté de la piste, un orchestre : l’un joue une musique classique, presque mélancolique ; l’autre est une fanfare venue de Moldavie. Pendant tout le spectacle, ils se répondent comme dans un dialogue où le blanc et le noir, la vie et la mort s'affronteraient!  Bartabas nous invite au voyage: une population nomade va d’un territoire à l’autre. Elle emmène avec elle roulottes, chevaux et des familles en complète recomposition. Le mariage modifie les équilibres et nous voyons sous nos yeux comment les liens entre individus peuvent changer la donne. J’assiste à une course poursuite entre le père, ses amis et l’homme qui épouse sa fille.
Finalement, tout le monde se court après ! Je souris à certaines scènes (le défilé de quinze roulottes, toutes extravagantes les unes des autres), alors que certaines sont déplacées (le nomade qui vole le sac d'une femme, les jeux virils des hommes). Je m'interroge sur l'omniprésence des policiers sur scène (message subliminal pour soutenir la politique de Sarkosy envers ces populations?).

Malgré tout, je finis par m’ennuyer de ce jeu répétitif. Il n’y a aucun temps mort pour respirer comme si Bartabas évitait le sens. Que veut-il nous dire ? Où est la réflexion que procurent la plupart du temps ses œuvres ? Bartabas plonge dans le divertissement le plus total alors qu’il est programmé dans un Festival de création. Je ne doute pas qu’il assure la billetterie, mais cela justifie-t-il tout ? Se poser la question du sens n’empêche pas le divertissement. Bartabas en fait l’économie dans un département, le Vaucluse, qui rejette massivement les populations nomades, vote à 40 % pour le Front National. Je sais, j’extrapole, j’en fais un peu trop, …Mais ce serait tout de même intéressant d’interpeller Bartabas, lui qui ne s’est pas gêné il y a trois ans de donner des leçons de théâtre et de démocratie…

Pascal Bély
www.festivalier.net

Pour revenir à la page d'accueil,
cliquez ici.


Le  bilan du Festival d'Avignon 2006, c'est ici!
Par thématiques, les articles du Festival d'Avignon:
"Les sublimes"
Le théâtre des maux".
"Les mondes enfermants"
"Les hors-jeu"

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Bartabas et sa brutalité...Drôle d'époque tout de même.A lire: http://www.passeurs.org/valde/index.php?2008/01/15/79-contre-les-radiateurs-tout-contre
Répondre
F
ah! ah! article prémonitoire qaund on connnais les attitudes viriles de Bartabas aujourd'hui!!
Répondre
P
Bonjour Jeanne,Je ne pense pas que Bartabas se moque de la politique. Ses prises de position en 2003 sur la crise des intermittents l'attestent. En quoi est-ce incompatible d'offrir  en même temps de l'émotion au public et un message politique? Bartabas a fait le choix du pur divertissement, en utilisant de nombreux clichés sur la population tzigane. Nul doute que M. Sarkosy n'y trouverait rien à redire, lui qui est si friand des caricatures.A très bientôt.Pascal
Répondre
J
Bonjour, je me permet d'intervenir sur Battuta et en particulier sur son initiateur,Bartabas; je tiens a rectifier certains de vos propos et certaines de vos hypothèses, je ne vous fait ici aucuns reproches je tente simplement de vous donner des réponses.Tout d''abord je tiens à vous signifier que dans Battuta,cet enchainement sans interruptions est voulu,Bartabas a voulu revenir aux sources de zingaro, voyez pour cela ces premiers spectacles. Aussi, Bartabas ne veut apporter aucuns messages dans ses spectacles,ni politiques, ni sociales, ce n''est pas son but,ce qu'il veut c'est offrir de l'émotion au public,il suit celui-ci,il ne cherche qu'a le satisfaire.C'est d'ailleurs pour cela qu'il est retourné aux racines de Zingaro, le public se lassait du "Bartabas pensif".Il se moque de Sarko et compagnie,il vit dans un monde à part, c'est le propre de Zingaro. Le seul aspect politique qui pourrait apparaitre dans ce spectacle c'est le fait que les tsiganes n'ont jamais été aussi peu appréciés, pas seulement en France, mais dans tous les pays, et qu'il tente d'adoucir leur image tant haïe.
Répondre
S
Il est tout de même étonnant de voir une journaliste prendre la défense de Bartabas de cette façon. Mme Gustave - Perron se contente de reproduire des interviews (bravo pour l'enquête!...) et en profite pour dénigrer un spectateur qui ne fait qu'écrire son ressenti. Je conseille à Mme Gustave - Perron de publier ses analyses sur "Rue du Théâtre", le journal qui l'emploie. Après tout, n'est-elle pas journaliste?
Répondre