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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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Au Foyer du spectateur du Festival d'Avignon, on ne mélange pas les torchons et les serviettes.

Le Festival d'Avignon s'est installé à l'École d'Art. Le personnel d'accueil aime à le décrire comme la maison, le foyer du spectateur. Canapés, lit pour la sieste, accès internet avec wifi gratuit parrainé par Arte, café, thé à disposition : c'est un espace que l'on peut investir pour lire, se reposer, échanger avec les spectateurs. Le matin, c'est un lieu de débat entre artistes et public. Lors de la 25ème heure (dans la nuit), l'École est un théâtre d'ombres et de lumières pour des œuvres iconoclastes.
À mon arrivée, un agent d'accueil étend sur une corde à linge les articles de presse du jour. Elle les met dans l'ordre, retire les anciens. L'article n'est qu'un bout de papier fragile, isolé, sans lien, prêt à être rangé dans l'armoire dès qu'il aura séché par l'air soulevé des passants. Ainsi, l'article perd de sa superbe et pend comme une vulgaire paire de chaussettes. Je serais journaliste, je le prendrais très mal.
Voir côte à côte le magnifique article de Fabienne Darge du Monde sur «
Ordet » et un communiqué de presse qui fait office de critique pour journaliste paresseux, c'est comme mettre un Picasso à côté d'une pâle copie d'un Monnet. Je m'étonne de n'y trouver aucun article de la blogosphère : « ils sont sur l'étagère », me dit l'agent étendeur.
À bon entendeur.
Le dialogue s'engage. « Mais, nous organisons des ateliers d'écriture pour les spectateurs....Inscrivez-vous ». Je fais remarquer que j'ai un blog depuis 2005 et que ma parole n'est encadrée par aucune institution.
Au final, deux visions s'opposent : les articles de presse sont alignés dans une linéarité déconcertante pendant que les écrits de spectateurs sont cachés sur une étagère. Métaphore d'une société où rien ne se relie, tout se cloisonne. Pendant ce temps, les artistes du festival nous proposent des formes toujours plus complexes, nous positionnant dans des articulations qui ne le sont pas moins. Il faut donc au Festival d'Avignon un commissaire pour mettre en valeur l'écriture.
Que suggérer pour sortir de ces enfermements d'une autre époque, celle où internet n'existait pas et où le public n'écrivait rien?
De ces échanges de qualité avec les agents, naît un rêve...Sur un grand mur de l'école d'Art, articles de presse, écrits de la blogosphère et contributions de spectateurs se répondent, entrent en résonnance. Cela aurait le mérite de développer la créativité des agents d'accueil de l'École d'Art (cela pourrait leur servir dans leurs études et dans leur futur métier...) et les visiteurs pourraient proposer leurs liens. Nous demanderions à un artiste de créer le cadre qui permettrait de contenir toutes ces reliances. Le festival pourrait constituer et animer un collectif de spectateurs (à l'image d'une troupe) qui produirait à la fois des écrits individuels et collectifs à destination du site officiel, mais aussi commenterait sur leurs sites les articles des blogueurs et des journalistes. ARTE suivrait cela de près et proposerait un feuilleton documentaire journalier dans son journal de la culture.
Il est temps, même pour le Festival d'Avignon, d'investir dans l'intelligence de ses salariés et de ses partenaires. Et qui sait, l'année prochaine, je n'entendrais plus cette phrase terrible de la part de jeunes agents du Festival dès que vous leur faites une proposition :
« Vous savez monsieur, moi, je ne fais qu'exécuter ».

Pascal Bély
www.festivalier.net


 

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P
vous vous êtes emballés... je ne condamne personne au silence, ni les créateurs ni les spectateurs ni les "passeurs" pour reprendre cette expression rebattue mais dont l'origine (Serge Daney) lui garde sa noblesse. Je trouve juste que les "commentaires" -en réponse à un texte rédigé après réflexion- sont écrits parfois sans avoir été réfléchis, et que si c'est pour lire sur un blog ce qu'on entend depuis soixante au café de l'horloge, je préfère être au café, avec le pastis et le ciel bleu en plus.et je n'apprendrai à personne que "comment taire" est une autre façon de s'exprimerPhilippe off
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L
ben ça serait pas mal ce que vous proposez...faut en finir avec ces étagères et ces classeurs que personne ne lit; à croire qu'internet n'a toujours pas touché le festival!laurie festivalière
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L
Merci pour la disqualification concernant le loft. Cela fera plaisir à <br /> Arte.Vous demandez de garder le silence. Fermez le banc! Querépondre à <br /> ça? Continuons à ne rien changer. Les journalistes culturels,du haut de <br /> leur superbe, n'auront plus que les cimetières des lecteurs partisailleurs <br /> pour pleurer. Je tiens à la démocratie d'opinion, plus que tout. Sansde <br /> nouvelles passerelles, le journalisme culturel disparaîtra. Quelque soit la <br /> proposition que l'on fait, l'éthique arrive à grand galop! Maisque <br /> vient-elle fait là, dans ce débat?Et cela ne vous choque pas, vous, que <br /> spectateurs etjournalistes soient traités de cette façon?Peut-on <br /> avancer? Juste un pas, loin des corporatismes uséset qui <br /> fatiguent!Pascal Bély
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P
un loft story pendant un mois à Avignon ? à proposer à TF1.et si parfois, on gardait ses impressions pour soi, et ne pas intervenir dans la curiosité de l'autre ? Essayez de garder le silence après un spectacle que vous avez détesté, bon exercice!Quant aux journalistes et aux blogueurs de métier, oui, c'est un métier, ça s'apprend, même en autodidacte, et on peut aussi se définir une éthique.philippe
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F
superbe métaphore, belle analysefred de paris
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