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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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Festival DANSEM à Marseille: accueil triple zéro.

On devrait pouvoir évaluer festivals et lieux culturels sur leur politique d’accueil. On s’apercevrait que certains sont tout juste du niveau d’une Sécurité Sociale des années quatre-vingt.

Je travaille depuis six heures du matin. J’ai eu une longue journée où j’ai animé un séminaire important. Il est 20h15 et je décide de me rendre au festival DANSEM à Marseille, soit 30 minutes de route pour assister la dernière création de Manon Avram et Thierry Escarmant, «Qu’avez-vous vu ?». Cette compagnie est soutenue par la DRAC PACA pour qui je suis un expert danse lors de l'attribution des subventions. Il me faut donc voir ce spectacle: malgré la fatigue, j’en ai envie.

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J’arrive à la Friche Belle de Mai à Marseille vers 20h45. Aucun affichage visible et lisible. Seuls les habitués connaissent le lieu. La salle est en contrebas. Devant la porte, tout au plus 10 personnes. Je reconnais des professionnels. J’attends. Puis une cohorte de spectateurs d’une autre représentation rejoint la file. J’attends. A l’entrée : «la billetterie n’est pas ici. C’est plus haut, au restaurant». Je cours. J’arrive à l’accueil, essoufflé :

- «Trop tard, le spectacle a commencé» me dit-elle, visiblement inquiète.

- «Ben non puisque l’on me dit de venir ici»

- «Trop tard, le spectacle a commencé» répète-t-elle, avec probablement la peur de se faire sanctionner si elle cause du retard.

- «Mais puisque l'on me dit de venir ici».

…/….

Colère. Colère.

Finalement, je sors. Elle me rattrape pour me donner un ticket, sans un mot, presqu'à la sauvette...

Je descends. La porte est fermée. Je frappe. Un agent de sécurité me laisse aimablement entrer. Le spectacle n’a pas commencé.

- «Pourquoi tu le laisses entrer » dit un homme avec un ton méprisant à l’égard de l’agent.

- «Le spectacle a commencé» me dit-il.

- «Ben non, puisque j’entends les spectateurs ».

- «Le spectacle a commencé» répète-t-il face à l’agent de sécurité médusé.

Je quitte la Friche. Dépité.

Cette scène est symbolique à plus d’un titre. Si vous n’êtes pas un habitué, vous vous perdez. Métaphore d’un festival replié sur son réseau de spectateurs. Le cloisonnement entre le lieu de la représentation et la billetterie en dit long sur l’approche de l’accueil: c’est une procédure où l’on distribue des tickets, où l’on stabilote à plusieurs derrière la banque. Mais où est la relation ?

Il n’y a aucune souplesse, seule la règle prime et la peur qui l'accompagne. N’ont-ils jamais imaginé qu’un spectateur pouvait ne pas avoir de billets à l’entrée? N’ont-ils jamais pensé une procédure pour éviter un stress commun, pour faire plaisir? Sont-ils à ce point sur le pouvoir pour ne pas faire confiance à un spectateur qui vient pour la danse, un jeudi soir, à Marseille? Sont-ils à ce point insensibles pour ne pas savoir que le désir de rencontrer des artistes vaut bien d’attendre de déchirer un ticket?

Ce soir, un lieu culturel m’a fermé la porte. Combien sommes-nous symboliquement dans ce cas-là ?

Pascal Bély – Le Tadorne.

 

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L
<br /> Qu'un spectateur puisse dire ses quatre vérités à cette équipe à la si mauvaise réputation dans le milieu chorégraphique me ravit.<br /> <br /> <br /> quand vous aurez 5 minutes, occupez vous de Montpellier Danse<br />
Répondre
C
<br /> Monsieur, vous êtes peut être le seul dans ce cas !<br /> <br /> <br /> Cloisonnement... l'accueil du festival est au Grand Table de la Friche seul lieu convivial en ce moment de grand chantier dans le lieu et la représentation est à la Salle Seita... il y a donc un<br /> parcours à faire décloisonné comme le contenu de notre programmation.<br /> <br /> <br /> Concernant la relation cela reste bidirectionnelle, nous sommes la stabilo à la main pour vous accueillir et comme vous le citez dans votre page d'ouverture pour délivrer de billet qui<br /> peuvent servir à definir son propre désir.<br /> <br /> <br /> Peut être le rôle de juge dans la dite  commission fait que votre désir s'amenue et que votre rétard quelqu'il soit son motif (la signalitique, l'emplacement de la salle et tout autre est<br /> pour vous concevable mais  pour nous, sans volonté de nuire à votre personne, était irrecevable du fait du commencement et de la typologie du spectacle.<br /> <br /> <br /> Je tiens à vous signaler que votre confrère, rédacteur en chef d'une revue de porté nationale, s'est présenté hier soir dans la même salle sans être passé lui aussi par la billetterie de Grand<br /> Table juste parce qu'il savait que la répresentation était à la Salle Seita. Nous ne lui avons pas refusé l'entrée sans billet, seulement il était là à l'heure et s'est simplement manifesté...<br /> <br /> <br /> Qu'avez vous vu ? Certain un triple zéro d'autres plus modestes un très beau spectacle d'une manifestation dans un lieu en pleine mutation...<br /> <br /> <br /> J'ai oublié de vous dire : vous n'êtes pas le seul à travailler tôt le matin...<br /> <br /> <br />  <br />
Répondre
L
<br /> <br /> Monsieur le Directeur,<br /> <br /> <br /> Votre réponse ne vous honore pas. <br /> <br /> <br /> 1) Je suis arrivé à l'heure, c'est à dire à 2Oh45 devant la salle Seita. Les professionnels présents avec moi pourront en témoigner. Même votre représentant d'une revue de portée nationale! C'est<br /> vous qui êtes arrivé en retard, à 21h05.<br /> <br /> <br /> 2) Je suis un spectateur. Je n'ai pas à faire valoir mon statut pour avoir un passe-droit. Je milite pour l'égalité entre spectateurs. Cette valeur semble ne pas vous traverser.<br /> <br /> <br /> 3) Monsieur Adolphe de la Revue Mouvement n'est pas un confrère. Je ne suis pas journaliste mais un spectateur qui écrit.<br /> <br /> <br /> 3) Je crois que je peux attendre longtemps vos excuses.<br /> <br /> <br /> 4) Je ne mettrai plus jamais les pieds dans votre festival.<br /> <br /> <br /> Pascal Bély<br /> <br /> <br /> <br />
E
<br /> Marseille, toujours Marseille...De quoi est capable cette ville?<br />
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