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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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Rodrigo Garcia au Théâtre des Salins : attention, produit périssable.

   Puisqu'il faut écrire ainsi... Rodrigo Garcia, adepte de la provocation, n'a manifestement plus grand-chose à proposer. « Borges + Goya » emprunte les modes d'expression qui ont fait scandale en Avignon l'été dernier, le talent en moins, la caricature usée en plus. Ce spectacle réduit à l'état de marchandise Borges et Goya. Soit. Comme tout artiste, notre société de consommation marchandise tout. On le savait déjà et il n'y a pas grand monde pour s'offusquer d'une telle prise de position. Garcia s'essaie à la vidéo : encore une fois, l'utilisation de ce support sur une scène de théâtre en lieu et place d'artistes vivants n'apporte rien. Elle ne fait qu'accentuer ce malaise où le public se retrouve dans une position passive comme devant son poste de télévision. J'en ai assez de voir ces vidéos avec toujours les mêmes effets (ralentis, gros plans,...). Comme vous le constatez, je n'évoque dans ce modeste papier que la forme, puisque Garcia y attache tant d'importance. Le fond est maltraité. Même au premier degré, je n'arrive pas à rire des pitreries de café-théâtre de Nicolas Bouchaud qui nous avait habitué à un autre jeu lors de « la vie de Galilée » l'été dernier en Avignon. Au second degré, je suis consterné de voir ce public (20 - 25 ans !) rire gras comme il le ferait face à Arthur ou à un autre animateur marchandisé. Le propos est peut-être là! Le public devient lui aussi marchandise.
Au final, l'équation « Borges + Goya » est un jeu à somme nulle. Garcia est devenu un quelconque produit de l'alter mondialisation !


Pascal Bély
www.festivalier.net


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P
Merci Alexandre pour cette vision. Elle me rassure en quelque sorte! La mise en scène de Garcia est manipulatrice. J'ai repéré le jeu et je n'ai pas voulu y entrer. Mais à quoi cela sert de manipuler le public si on lui donne pas les moyens de sortir du jeu? Que devient sa pièce une fois la stratégie dévoilée? Je serais curieux de connaître l'avis d'internautes qui iraient voir "Borges + Goya" après la lecture de cet article et des commentaires qui l'accompagnent.A suivre...
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A
Pour ma part, bien au contraire je trouve que ces deux mises en scenes sont trés finement calculée. Le public devient un élément même du tableau, aussi dérengeant soit il, dressée sur scène.Ce pauvre public, prise aux pièges sombre dans cette apathie  qu'on lui  expose sur scène,  dans Borgès, et rit gras en fesant inconsciemment echo au second personnage présenté dans Goya.C' est au travers de cette interaction inconsciente,  que la pièce prend toute sont ampleur; la représentation ne s'arrete pas a la limite de la scène.Nous sommes encore une fois prise aux pièges d'un auteur de plus en plus désabusés par le genre humain. Le public approuve fierement les réfléxions sur la société induite, s'en meme se rendre compte qu'il adopte les attitudes décriés sur scènes.
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M
Pour Borgès +Goya la vidéo est non seulement inutile mais sert surtout à remplir le temps parce que sinon ce serait expédié en un tour d’effet de plasticien pour le Borgès.<br /> Mais je suis moins négative que vous parce que les acteurs portaient formidablement ces textes qui m’ont  interessée.<br /> Ce qui me gêne le plus c’est le côté décoratif pour faire passer la crudité ou la provocation, qui vous ont paru gratuite et qui m’ont semblé salutaire dans ces temps d’embaumement généralisé et d’affadissement des discours.Bouchaud semblait ne pas avoir en bouche le texte et peut être l’avez-vous plus à son aise lorsqu’il est soutenu par la troupe qui l’entoure dans les Sivadier.
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