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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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Je n’irais pas voir Rodrigo Garcia.

Il doit être content. Le metteur en scène argentin Rodrigo Garcia fait l’actualité. Après le Festival d’Avignon 2007 où il nous avait proposé deux œuvres assez ternes (dont une carrément nulle), il récidive au Théâtre du Rond-Point à Paris avec « Et balancez mes cendres sur Mickey ».  Via l’ANPE spectacle, 15 comédiennes intermittentes viendront à tour de rôle se raser la tête sur scène pour 200 euros. Métaphore de la précarité, chacun peut voir justement dans ce geste le processus d’humiliation, de lente reconstruction, le parcours de l’artiste à l’ère de la Sarkozy triomphante. Comme toujours avec Garcia, son théâtre s’accompagne d’une dénonciation provocante, parfois créative. Il rencontre un public complaisant pour lui pardonner son travail souvent bâclé, à l’écriture aléatoire et au mépris affiché envers les spectateurs.
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N’a-t-il donc rien à proposer que de toujours dénoncer avec les mêmes recettes d’un système qu’il condamne ? Certes, elles lui assurent la médiatisation du landerneau culturel, mais après ? Que reste-t-il ?  C’est un théâtre du « toujours plus », où les acteurs sont assimilés à une marchandise. Rien n’est transcendé, bien au contraire. Son théâtre clive entre ceux qui ont tout compris (de gauche en général), et ceux qui ont tort de s’indigner (souvent de droite). Il fallait entendre l’autre matin sur France Culture, la suffisance et la toute-puissance de Jean-Michel Ribes (Directeur du Rond-Point) face au chroniqueur du Figaro, Alain-Gérard Slama.
Mais où est le débat ? Où est la proposition, celle qui nous aiderait à se projeter dans un monde de plus en plus illisible et incertain ? Où est la créativité, le dépassement des clivages ? Rien. Nous en restons au même point : la mauvaise pensée de la droite face à la bonne conscience de la gauche.
Je n’irais pas voir Rodrigo Garcia. J’ai besoin de perspectives. D’un regard ouvert vers le futur que nous avons à construire collectivement, et non pour se réfugier dans l’univers d’un artiste qui a tout intérêt à nous rendre claustrophobe. 

Pascal Bély - Le Tadorne


Crédit photo: © Christian Berthelot

A lire sur "Un soir ou un autre", le compte-rendu chez Mickey.
Les articles sur ce blog des oeuvres de Rodrigo Garcia:

Au Festival d’Avignon, la défiance envers Rodrigo Garcia.

Au Festival d’Avignon, Garcia se carbonise.

Rodrigo Garcia au Théâtre des Salins: attention produit périssable...

"L'histoire de Ronald, le clown de Mc Donald's" de Rodrigo Garcia : à voir, à éviter, à méditer...

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N
j'ai vu ce spectacle à Paris. Le public rit beaucoup, beaucoup trop. Un rire enfermant, tendu. Le spectacle était dans la salle. La bonne conscience de la gauche continue de ricaner...
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G
Où avez vous lu que j'étais effrayé par quoi que ce soit ?
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J
Mais je n'argumente pas à partir de son âge ! Où avez vous lu cela? Je parle de son âge comme une caractéristique du personnage, comme je pourrais dire que j'ai 26 ans ou que vous en avez 45 (je ne sais pas). Je n'argumente pas à partir de son âge, j'argumente juste à partir de son discours.Slama s'oppose aux tests adn? Fort bien, mais je ne vois pas le rapport avec ce qui nous occupe ici.Et oui, la plupart des spectateurs sont des bourgeois nantis. Maintenant qu'il est un metteur en scène "reconnu" Garcia aussi est devenu un bourgeois nanti. Vous aussi Pascal vous êtes un bourgeois nanti, vous êtes blanc, occidental, et bourgeois. C'est la vie. Ca ne veut pas dire que vous êtes un gros con. Qui oppose Garcia à Sarkozy? Pas moi. En l'occurence je vous en ai déjà parlé, contre Sarkozy j'oppose Badiou et son formidable livre "de quoi sarkozy est il le nom".En tout cas c'est assez drôle de voir comment vous (et votre collègue Guy surtout) semblez effrayés par l'existence supposée d'une mafia culturelle de gauche (je vous cite: "...à quel point une pensée unique d'extrême gauche se diffuse parmi les programmateurs" et surtout je cite guy: "le simple constat qu'une grande majorité d'artistes, metteurs en scène, responsables de lieux contemporains s'exprimaient plutôt à gauche. Par exemple, je n'en ai entendu aucun soutenir Sarkozy , et beaucoup s'inquiéter de son election? Est il nécessaire de faire une revue de presse pour appuyer cette affirmation?": à ce propos,Guy, pourquoi à votre avis est ce ainsi?). Quant à moi je me méfie bien plus de la mafia conservatrice rétrograde de droite que de la mafia qui programme Garcia !
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L
Argumenter à partir de l'âge de quelqu'un est une insulte à l'intelligence.Je préfère entendra Slama s'opposer aux tests ADN que d'écouter  Garcia cracher sur les spectateurs. Car, ce que vous ne savez pas, c'est que Garcia traite son public de "bourgeois" "nantis" et j'en passe (je ne peux malheureusement pas citer ma source).  D'ailleurs, "approche de l'idée de méfiance" présentée en Avignon l'été dernier n'était autre qu'une insulte. Voir une fois de plus programmer Garcia à Paris commence sérieusement à me fatiguer. Trois "créations" cette année (dont deux à Avignon) alors que le propos n'a strictement rien de révolutionnaire a de quoi agacer et démontre à quel point une pensée unique d'extrême gauche se diffuse parmi les programmateurs.Vous voyez Jonathan, nous en revenons à la politique...Opposer à Sarkozy, Garcia, prouve une fois de plus l'absence totale de projet de la gauche...
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J
Bonjour,Voilà ça se passe souvent comme ça les débats sur le théâtre, à un moment donné on ne peut plus vraiment communiquer puisque chacun campe sur ses positions. Cela dit, deux ou trois petites notes:1. Où m'avez vous lu insulter ce M.Slama? J'ai seulement écrit: vieux (ce n'est pas une insulte, il doit avoir presque 65 ans, c' est vieux, c'est comme ça je n'y peux rien) réactionnaire (il n'y a qu'à lire ou écouter ses chroniques pour s'en apercevoir) et de droite (c'est un homme de droite, c'est la vie, il aurait pu être un homme de gauche mais il est un homme de droite, que voulez vous). Alors, où est l'insulte? Qui plus est , avant que vous ne me le fassiez remarquer sachez que je connais le parcours de cet homme, ses écrits, ses postes de professeurs de grandes écoles etc... et être un intellectuel n' a jamais empéché personne d'être, par exemple, un vieux réactionnaire de droite. Un vieil intellectuel réactionnaire de droite.2. Sur la modernité, l'idée moderne etc... nous ne sommes pas d'accord, nous l'avons vu.3. Et cher Pascal cette provocation est un peu énervante quand vous écrivez "Garcia avait promis d'arrêter le théâtre. On attend...": vous n'avez même pas vu le spectacle en question ! Qu'est ce que ça peut donc vous faire qu'il continue ou non?4. Guy...vous écrivez "Je ne crois absolument pas que ne pas apprécier son travail ai quoique ce soit à voir avec son positionnement politique" Premièrement ce n'est pas moi qui ai lancé ce débat gauche-droite par rapport a garcia mais bien votre ami Pascal dans son article. Voyez donc ça avec lui. Et enfin, il me semble, ayant lu je pense tout ce que garcia a pu écrire, qu'il a une pensée de gauche, pas si extrème que ça d'ailleurs, et absolument pas une pensée d'extrème droite ou conservatrice etc. C'est ce que je pense. Malheureusement je n'ai pas le courage et le temps d'écrire ici toute une étude politique du théâtre de ce gars.5. A bientôt sur un autre spectacle peut être.
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