Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
Alors qu’une vidéo projette sur les comédiens un troupeau de vaches, une
spectatrice ose faire « meuh, meuh… ». « Claire » de René Char, mise en scène par Alexis Forestier, finit par agacer une partie du public, lassé par tant de
prétentions. Comme avec Frédéric Fisbach et ses controversés « Feuillets d’Hypnos », Alexis Forestier pense jouer
René Char en ajoutant de la poésie à un texte qui n’en manque pas. À ce jeu-là, il faut avoir beaucoup de talent, illustrer le texte par une puissante présence d’acteurs « poètes » et
utiliser avec parcimonie la métaphore pour ne pas alourdir le propos. Ici, rien de tout cela. « Claire » est une juxtaposition de scènes où les guitares saturent, les corps
s’affaissent dès que l’on s’improvise danseurs. La scénographie (lumières, décors, mouvements sur le plateau) est incapable de restituer l’atmosphère particulière portée par la figure symbolique
de Claire, femme et rivière à la fois. Le plus troublant est le jeu des acteurs plus proche d’une thérapie de groupe que d’une troupe de théâtre ! Comme avec Fisbach, les mots de René Char
sont systématiquement appuyés par des effets de scène provocants, lourds, grossiers : plus c’est beau, plus les acteurs en font trop. À ce rythme, je perds le texte de Char, le contexte dans
lequel il a été écrit (la résistance) et je finis par me concentrer sur le pianiste, seul musicien manifestement habité par la poésie. Ce texte est vache, mais je suis fatigué d’être pris pour un
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