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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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«NIGHTSHADE», du Merlan à La Villette : déshabillons-nous!

villette.JPGC'était au mois de janvier 2007. « NIGHTSHADE » était joué au Théâtre du Merlan de Marseille. En voici un compte-rendu effeuillé...alors que la pièce est à l'affiche du Parc de la Villette jusqu'à la mi-octobre.

Ce soir, malgré le froid piquant, tout paraît léger. J’arrive au Gymnase à Marseille, escale du Théâtre du Merlan, qui poursuit ses « vagabondages » pendant sa rénovation. Un bar à huîtres est installé sur le trottoir et la foule se presse pour un événement européen.  Avec « Belladonne », sept chorégraphes (Alain Platel, Win Vandekeybus, Caterina Sagna, Vera Mantero, Claudia Triozzi, Eric de Volder, Johanne Saunier) revisitent le strip–tease. Dans l’insouscience quasi – générale, personne ne se doute que le public finira nu à la fin de la représentation…

Six femmes et un homme se succèdent au cours de sept tableaux, accompagnés par un petit orchestre de…chambre. On se croirait dans une exposition d’art contemporain entre performance, théâtre et sculpture ! À mesure qu’ils défilent, je passe de la sidération, au rire, à l’extase, puis gêné, intimidé, séduit et finalement retourné ! Je suis entré dans ce théâtre, bardé de clichés sur le strip–tease. J’en sors dépossédé, questionné sur mon rapport au corps, au sexe, à l’évolution des mœurs d’une société aux apparences libérées, mais toujours aussi pudibonde.
Pour en arriver là, ils ont tout osé pour transformer le strip–tease en chorégraphie. Tout au long des sept tableaux, l’interaction avec le public est toujours créée pour ne pas nous, et les laisser seuls.

A cet effet, l’orchestre joue la partition de nos désirs refoulés : tantôt douce, parfois bruyante, souvent chaotique.

Un animal étrange et laid filmé en vidéo est projeté entre les tableaux : il est petit au début et fini par devenir énorme à la fin du spectacle. Entre chien et chat, il nous espionne, voyeur de notre animalité et attendrit de nous voir si observateurs ! Comment ne pas évoquer ce décor, drapé dans ces rideaux, métaphore de nos vêtements, de ce que nous cachons, dévoilons au gré des contextes. Ils s’abaissent à l’horizontale, bougent à la verticale pour dimensionner la scène, cadrer notre regard, tel le zoom d’un appareil de photo : nous voilà voyeurs, pudiques, exhibitionnistes. Il est le rideau de misère d’une société puritaine qui cache les seins aux enfants, mais qui exhibe Cauet sur TF1 !
Pour le reste, dois-je tout vous dévoiler ? Puisque vous insistez….
On commence ?

Un écran de fumée…ce n’est pas ce que vous croyez…Le corps crucifié.Là ?…

C’est le strip–tease révolutionnaire. A poil S.......? Vous exagérez !
Ici ?…
Un tableau de la renaissance après avoir trop fumé.

Ici, aussi ?
« Je t’aime, moi non plus » revisité. Bandant.
Là, et puis..là ?


Elle flanche. Émouvant et débandant.
Même ça ?
Le strip–tease déconstruit. Osé.

Et ça ?


Bien fait pour lui. Pour nous.

Je vous l’avais promis. Je suis tout nu.



♥ "Belladonne" a été joué au Théâtre du Merlan de Marseille le 27 janvier 2007 et au programme du Parc de La Villette du 18 septembre au 13 octobre 2007.


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J
Cher anatidé voyageur, je ne te suis pas dans cette migration. Tu refuses de "mettre dans des cases", et pourtant c'est exactement ce que tu fais en affirmant péremptoirement que le strip-tease ne relève pas de la danse mais de la pratique sociale. Or, dans le strip-tease, nous avons un corps en mouvement, un costume, une scène, de l'éclairage, de la musique, des spectateurs. N'est-ce pas précisément ce que l'on appelle danse ? La danse des sept voiles (ou danse de Salomé, ou danse de l'abeille, grand fantasme occidental du 19e siècle), qui est un strip-tease, n'est-elle pas une danse ? L'orientation sexuelle affichée du strip-tease ne suffit pas à le rejeter du champ chorégraphique. A l'inverse, les danses populaires ne sont-elles pas fondamentalement des pratiques sociales, destinées à rassembler les individus, à leur permettre de se connaître et de se jauger ? La danse contemporaine même, qui prétend assez souvent parler des problèmes de nos sociétés, n'est-elle pas elle aussi sociale, voire politique ? Voilà précisément les questions que j'aurais aimé voir poser par nos chorégraphes, mais ils en étaient bien loin.
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E
Plutôt d'accord avec Peggy. Le strip tease burlesque est porteur d'une intéressante réflexion sur la nudité. Le nu n'est pas celui que l'on croyait voir et après le rire, l'effeuillage par délicat nettoyage à l'éponge est finalement assez émouvant. Une mention spéciale donc pour ce solo. Joil sktech final de Wim Vandekebus aussi : oui la belle blonde se dénude en cadence mais son honneur reste, ici c'est le voyeur qui s'humilie.Elsa
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P
Du strip-tease à la chaine...consommons du strip-tease! C'est un peu ce qui ressort de ces séquences montées chacune par différents chorégraphes et que j'ai finallement trouvées assez cloisonnées. Cela perturbe un brin mon jugement d'ensemble sur NightShade. <br /> <br /> Une image ceci dit qui m'a marquée: entre deux strip-tease stylés, la strip-teaseuse burlesque nous surprend dans une scène finale d'une grande sensualité, comme si son masque tombait en meme temps que son soutien gorge disparaissait.
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L
Il est temps maintenant d'intervenir...Ce n'est pas la première fois que je lis ici ou là: "spectacle bourgeois", "danse pour bobo"...Derrières toutes ces appelations, un constat: pourquoi stigmaser, mettre dans des cases pour décripter l'art? Il nous faut en sortir (moi le premier) car derrière ces racourcis se cachent une vision de la société pour le moins effrayante qui comble de bonheur la sarkosie triomphante. Mais revenons à notre streap tease. Je ne l'ai jamais considéré comme une danse mais comme une pratique sociale. Nuance. Voir donc ces professionnels "drivés" par des chorégraphes avaient quelque chose de réjouissant. Ils ont "streap teasés" le streap-tease. Loin de le voir au premier niveau, "Nightshade" doit se contempler à un autre niveau (que j'ai détaillé dans mon article). En mettant à nu le processus du déshabillage, cette oeuvre collective interroge là ou certains la voudrait affirmative.
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J
Waoouh ! Je fais du Barthes sans le savoir !
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