Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
À partir de montages, elle nous offre des vues de trous d’obus dans le
tarmac, dans la terre, comme des tombeaux ouverts…Je suis troublé d’être à la fois dans cet appartement et de recevoir ces clichés si loin de moi. Je suis dans une posture du dedans –
dehors. Saisissant.
Une caméra est là pour filmer la réaction des
passants qui sont à la fois dans l’histoire et hors d’elle. La parole des habitants sert de bande-son. C’est magnifique parce que le travail de l’artiste est remis en mouvement : l’histoire n’est
pas figée comme elle le serait dans un livre, mais elle s’inscrit dans un processus continu. Là où le film n’apportait rien avec Sarah Moon dans son installation à la Chapelle Saint-Martin du
Méjan, ici, il permet aux photos de Susan Meiselas de s’inscrire dans un autre contexte en leur donnant une fonction quasi thérapeutique : l’installation libère les regards, la parole et fait
bouger les corps. Susan Meiselas redonne aux habitants une partie de leur histoire. Beau travail.
Quelques photographes français se penchent sur l’histoire contemporaine de notre
pays. Julien Chapsal avec« Harkis à vie ? » propose une série de portrait d’harkis accompagnés d’une bande-son au ton revendicatif. J’ai du mal à m’arrêter
comme si cette interpellation me culpabilisait. Les paroles individualisées donnent à cette exposition un aspect communautaire qui isole. Julien Chapsal n’ouvre pas, mais enferme ces paroles dans
un jeu sans fin qui alimente le projet politique communautariste de l'UMP.