Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

Publicité

Aux Rencontres Photographiques d’Arles, Naoya Hatakeyama: pas vu, pas pris.

Naoya Hatakeyama est exposé au cloître Saint-Trophime.  Au début, je n’ai pas vu. J’ai lu le panneau informant le voyeur d’exposition du contexte de travail de l’artiste. Naoya Hatakeyama opte pour la « réalité », au cœur d’un processus social très actuel qu’il positionne dans l’environnement citadin. Il en appelle à Levy-Straus (« La connaissance du tout précède celle des parties »), point de départ de sa problématique. D’accord. Je ne lis guère plus et décide d’entrer dans son univers, faisant confiance à mes acquis et risquant la confrontation visuelle pour happer l’apport.

De grands formats estimés rapidement à des 60x80 dans leur majorité, noir et blanc,  pour le choix des nuances.  La lumière du cliché à son importance géométrique, mais elle éclaire aussi la réflexion. Puis je me balade sur la réalité cognitive de Naoya.  Nous sommes des homos sapiens urbains qui devons faire appel à notre connaissance scientifique en lien à notre environnement proche. Je laisse aller. J’avance, reviens sur mes pas. Plonge dans l’image. Recule. Avance. Digère, et ne voit rien venir. Scales, titre de la série. Oui et en fait ? … C’est l’histoire d’une boîte qui, ouverte, nous offre un monde bien connu : la réalité dite cognitive qui  fait l’écho à Pascal, l’infiniment grand et l’infiniment petit. On doit donc se positionner : où sommes –nous dans cette réalité ? Pour ma part, nulle part. Je ne fonctionne pas à la théorie exposée. J’ai la sensation de voir d’autres photographes, des souvenirs picturaux me reviennent qui, de façon plus forte, ont signifié cette réalité cognitive, et m’ont révélée, homo sapiens, dans mon environnement urbain. Je me trouve décidément hors de l’image. Je note : la série Scales est une commande accordée par le Centre Canadien d’Architecture. Deux mots clef tuent définitivement le vu : commande et architecture. Où est passée la spontanéité de l’œuvre ? L’histoire ne me raconte rien en additionnant tous les éléments. Même la donnée « architecture » ne s’ouvre pas et pourtant, le monde de la cité est vaste.

Naoya s’explique « En fait, la photographie comprend non pas une véritable connaissance du tout, mais l’aspiration à la connaissance de tout, identique à la progression pesante de notre vie quotidienne ».  Je reste quoi sur l’antonymie de la définition. Au départ, n’étions-nous pas supposés flirter du regard la réalité que nous connaissons  et la connaissance qui s’y rapporte, pour faire ressurgir nos facultés à survivre et communiquer dans cet espace synthétique et esthétique ? Or dans le quotidien, nous vivons la répétition et donc le rite même de l’absurde, où la réflexion s’affaiblit devant l’action automatisée. Je ne me place donc pas dans un univers observable, mais dans le vide, et cela n’est absolument pas un élan vers un idéal, quel qu’il puisse être. Et la réalité dans tout cela ?

Nous sortons alors en cherchant terriblement cette aspiration qui saurait défendre une beauté cognitive qui s’échappe donc tout naturellement.

Diane Fonsegrive - www.festivalier.net


"Scales" de Naoya Hatakeyama – Japon - au Cloître Saint Trophime dans le cadre des Rencontres Photographiques d'Arles. Jusqu'au 13 septembre 2009.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
La non -photographie ? Belle expression. A observer de prés !
Répondre
V
ouf! le commentaire de mme fonsegrive me rassure; j'ai quittée cette exposition complétement déboussolée; mais où veut-il en venir? vous faites le lien avec la "non danse"; sauf que quand j'en vois, cela  me procure des émotions. Ici, rien. Merci à ce blog de faire entendre un son un peu différentvirginie de montpellier
Répondre
L
Merci pour votre commentaire. Effectivement, je suis passé à côté de ces fautes savoureuses! Voilà qui est réparé. Le marketing est bien entré dans les mots et dans nos têtes. Quant à la non-photo, on pourrait également faire le lien avec la "non danse". Il ne me reste plus qu'à me rendre sur Arles pour me faire un avis!A bientôtpascal bély - le tadorne.
Répondre
J
Oh peuchère, Diane ! la non photographie te donne le vertige ! C'est pas le cloître St Trophisme mais St Trophisme... il n'y a pas de tropismes là-dedans. Et la référence aux célèbres jeans Levis Strauss me paraît un peu exagéré. Sans doute veux-tu parler de Claude Levy-Straus. Bon, tu as des excuses, un pastis ou deux pour se remettre de cette photographie conceptuelle (est-ce bien le qualificatif qui convient ?) c'est indispensable.
Répondre