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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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Jan Fabre fuck, avec préservatif, le Festival d'Avignon.

Ainsi, le metteur en scène - chorégraphe- plasticien Jan Fabre est ovationné par les spectateurs du Festival d'Avignon. Il leur a vomi une bêtise crasse, avec "Orgie de la tolérance" mais le public en redemande, après avoir sifflé quelques heures auparavant la courageuse Maguy Marin.

Mais ce soir, Jan Fabre a perdu. Il est adoubé en Avignon, alors qu'en 2005, nous l'aurions volontiers crucifié. Entre temps, il a vieilli. Il approche l'âge où l'on est reconnu par les institutions qui le lui rendent bien. Ici, il a quasiment sa case, sa rente, d'année en année. S'il continue sur cette voie, il aura droit à une nuit entière au Palais des Papes où le public finira bien par monter sur scène pour branler les acteurs. En ces temps de grippe porcine, masturber un inconnu sera un geste artistique et citoyen très fun.

Mais en 2009, il faut coûte que coûte garder la place comme tant de têtes grisonnantes qui ont tout intérêt à désespérer la jeunesse. Jan Fabre est efficace: discours binaire (la société de consommation, ce n'est vraiment pas bien), vision réactionnaire de l'art contemporain (ces salops de commissaires qui se branle du travail des artistes), le fascisme est partout (ouh ! ouh !), les américains sont de gros pédés, et le sexe est une marchandise ! À côté, Besancenot est proche du Modem. Ce discours fournit la liste des clichés bien pensants qui assure à chacun de nous, l'estime et la reconnaissance de son prochain. Généreux Jan Fabre ! Ses cochonneries sur scène ne font même plus fuir le public : pensez donc, se mettre un fusil dans le derrière, se raser les couilles, prendre un godemichet comme nez de clown ne fait plus peur. Ces codes sont entrés dans le langage courant du festivalier. Jan Fabre est dans la norme qu'il a lui-même imposé à son public depuis tant d'années !

 


Artistes, politiques, citoyens sont nombreux en France et en Europe à se complaire dans cette dénonciation : elle leur assure de garder le pouvoir puisqu'elle s'adresse à notre partie rationnelle du cerveau. Le monde n'étant pas complexe, le public est prié de le voir, de le ressentir à partir de jugements descendants. C'est exactement le même processus qui conduit nos systèmes à leur perte, à leur dégénérescence. Ainsi, Jan Fabre en utilise les règles pour les dénoncer. Piteux.

Pour vous dire la vérité, je me sens bien au-dessus de cette proposition. Je remercie certains artistes et chercheurs de m'avoir « élevé » pour comprendre et ressentir la complexité de ce monde. Je les remercie de me donner la force d'être un sujet autonome et de développer mes dépendances lorsque la nécessité du sens le dicte.

Alors ce soir, je regarde amusé cet artiste sur le déclin, car je n'ai pas besoin d'une orgie pour faire preuve d'intolérance à la bêtise.

Pascal Bély - www.festivalier.net

 

"Orgie de la tolérance", par Jan Fabre jusqu'au 15 juillet 2009 dans le cadre du Festival d'Avignon.

Photos : © Christophe Raynaud de Lage

A lire la blogosphère, moins complaisante que tant de journalistes institutionnalisés: Images de Danse, Un soir ou un autre,

 

 

Le festival d'Avignon sur le Tadorne:


Au Festival d'Avignon, le public combattant de Maguy Marin.

Au Festival Off, enfin la crise.

Le festival Off d'Avignon ouvre le bal avec Kafka. Dansons !

Au Festival d'Avignon, Amos Gitai fait son cinéma.

Piratons le Festival d’Avignon !

Quand le Festival d'Avignon rend fou!


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S
souvent, le tadorne offre une lecture décalée, souvent savoureuse des oeuvres. Finalement, il réussit petit à petit à faire sa place dans le milieu bien fermé de la critique! Continuez!!solange
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L
Bravo pour votre liberté de ton, la vraie.
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L
Je prends l'initiative de publier dans son intégralité sa critique. <br /> <br /> Jan Fabre ne change pas de main<br /> <br /> Jan fabre ne change pas de main<br /> Il ne dit rien de fondamental, ni d'ailleurs de nouveau, mais il le gueule fort, l'assène à coups de gourdin. Et les naïfs de s'esbaudir devant tant d'audace, d'y voir quelque chose de radical là où il n'y a que lourdeur et grossièreté. Dans «Orgie de la tolérance», le seul de ses ouvrages à ne pas déborder de prétention, Jan Fabre a raison de vouloir «traquer les effets pervers de cette tolérance brandie comme la valeur absolue de la démocratie occidentale et qui est aussi l'occasion de toutes ses dérives». Seulement il le fait avec des moyens si dégueulasses, si prompts à vous donner envie de vomir qu'on réalise aussitôt que cette orgie de tolérance, c'est à lui, c'est à ses impostures qu'elle profite. Les scènes de masturbation collective répétées jusqu'à l'écoeurement, les scènes de sodomie ou de pratiques érotiques grand-guignolesques sont là sans doute pour faire rire de façon bien grasse ou offusquer à peu de frais, sous couvert de dénoncer le ridicule de la performance sexuelle et l'exploitation commerciale qui en est faite. Mais doit-on y voir paillardise de l'auteur ou obsessions malsaines de qui ne s'expose jamais personnellement ? Ce sont ses interprètes que Jan Fabre dénude frénétiquement, expose dans les postures les plus obscènes, les plus dégradantes, conduit à lécher au sol leur bave, ou à uriner les uns sur les autres. Lui a vendu (fort cher) au Festival d'Avignon une statue dorée à son effigie qui n'est pas signe d'autodérision, mais bien de vanité grotesque. Du 9 au 15 juillet, Cour du lycée Saint-Joseph. <br />  <br /> Raphaël de GubernatisLe Nouvel Observateur
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J
A la liste des "critiques" pathétiques (le mot est faible), il faut ajouter maintenant celle de Patrick Sourd dans les Inrocks spécial Avignon, p. 47. Dans l'affaire Orgie de la tolérance, il n'y aura guère eu que Raphaël de Gubernatis pour émettre un avis un peu sensé (même si je ne partage pas son sentiment sur le caractère dégradant de ce que Fabre impose à ses comédiens) : http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2330/articles/a404967-.html
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