Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
« Au monde » est la proposition la plus
réussie. La plus troublante aussi. Celle qui résonne chez chacun de nous, car elle évoque un système connu de tous : la famille. Dans le cas présent, nous sommes plongés au cœur d’une entité
familiale où les intérêts économiques (la succession du père, grand patron de l’industrie) s’entrechoquent avec la fragilité psychologique de ces hommes et femmes qu’a priori tout oppose. Le
décor est noir à l’image de cette famille précipitée dans l’obscurité de ses secrets ; blanc comme l’ouverture vers l’extérieur, vers la rue bruyante. A partir de ce jeu de contrastes, Joël
Pommerat scrute la famille. Ces différents angles de vue m’amènent parfois à me frotter les yeux pour vérifier que je n’ai pas rêvé. La musique appuie l’intensité dramatique comme le bruit de
fond du secret familial qui se transmettrait de génération en génération. Les lumières et les changements de décor incessants produisent une étrange sensation : tout change, mais rien ne
change même si le jeu des alliances et des coalitions peut donner l’impression du mouvement. Entrer dans cette famille, c’est être pris dans un jeu d'équilibristes dangereux. Et pourtant, elle
est assiégée de partout.
Il y a
d’abord le retour du fils cadet, Ori, parti depuis cinq ans après avoir servi dans l’armée de l’air. Il revient, menacé d’aveuglement (dans tous les sens du terme), et va prendre malgré ses
hésitations, la succession de son père. Il commence à se taper la tête contre les murs à force de ne plus voir la réalité, à s’enfermer dans sa chambre pour réfléchir à ce qu’il veut faire
réellement de sa vie ; il sort le soir, alors que rode un individu qui assassine les femmes.
Car, rien n’est fermé dans cette pièce à l’image du dernier tableau où les trois sœurs unies nous proposent un nouveau modèle horizontal
à même d’affronter la complexité.| Revenir au sommaire |
Consulter la rubrique théâtre Voir aussi la critique sur "Les marchands" de Joël Pommerat. Le bilan du Festival d'Avignon 2006, c'est ici! |
Le palmarés du Tadorne du Festival d'Avignon:
"VSPRS" d'Alain Platel.
"Paso Doble" de Josef Nadj et Miquel Barcelo.
"Combat de nègre et de chiens" de Koltès par Arthur Nauzyciel.
"Au monde" de Joël Pommerat.
"Human" de Christophe Huysman.
"Rouge décanté" de Guy Cassiers.
"Faut qu'on parle!" d'Hamid Ben Mahi et Guy Alloucherie,
"Sizwe Banzi est mort" de Peter Brook, "Récits de juin" de Pippo Delbono et "Pour tout l'or du monde" d'Olivier Dubois.
"La tour de la défense" et "Les poulets n'ont pas de chaises" de Copi par Marcial Di Fonzo
Bo.
"Les marchands" de Joël Pommerat.
"Chaise", "Si ce n'est toi" et "Le numéro d'équilibre" d'Edward Bond.
"Les barbares" d'Eric Lacascade.
"Pluie d'été à Hiroschima" d'Eric Vigner.
"Asobu" de Josef Nadj.
"Mnemopark" de Stefan Kaegi.
"La poursuite du vent" par Jan Lauwers.
"Battuta" de Bartabas.
"Mondes, Monde" de Frank Micheletti.
"Journal d'inquiétude" de Thierry Baë.
"Depuis hier. 4 habitants" de Michel Laubu.
"La course au désastre" de Christophe Huysman.
"Gens de Séoul" de Frédéric Fisbach.
En bons derniers...
"Sans retour" de François Verret
"Mozart et Salieri" et "Iliade Chant XXIII" par Anatoli Vassiliev.
"Ecrits de Jean Vilar" par Olivier Py.
"Le bazar du Homard" par Jan Lauwers.