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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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Au Festival d'Avignon, « Asobu » de Josef Nadj m’'a perdu.

J’attendais ce rendez-vous depuis si longtemps. L’univers du chorégraphe Josef Nadj fut une découverte il y a quelques années au Festival d’Avignon. L’an dernier, « Last Lanscape » et « Comédia tempo » m’avaient transporté dans un autre monde. Il a le talent incroyable de déconstruire pour reconstruire une nouvelle réalité.
« Asobu » au Palais des Papes est donc l'un des événements de la 60ème édition du Festival d'Avignon.
À la sortie, je suis vide. Rien ne vient, aucune image en particulier. Je suis perdu, bloqué. Que s’est-il donc passé ?
En arrivant au Palais des Papes, je ne suis pas encore entré dans le Festival. Je sors de « La poursuite du vent » déboussolé ; je suis dans l’entre-deux : entre la fin du Festival « Montpellier Danse » et l’univers du théâtre. Je flotte et « Asobu » me coule…
Je suis au 5e rang ; sur la gauche. De biais. Je suis décentré, c’est le cas de le dire. Je perçois donc l’envers du décor. De l’imaginaire de Nadj, je ne vois que le réel pendant plus d’une heure (les danseurs qui se changent, qui préparent leur « coup », …). Je cherche les enchaînements. Je veux comprendre l’univers d’Henri Michaux, poète inconnu pour moi, à qui est dédié le spectacle. En vain. Je cherche à décoder le langage métaphorique de Nadj ! Un comble alors que je suis capable de me laisser transporter dans des univers bien plus conceptuels ! Je vois un groupe se créer devant moi, où se croisent les arts, l’Occident et le Japon, l’individu et le collectif. Je ne suis pas du voyage. L’immensité de la Cour d’Honneur m’écrase, moi qui suis plus habitué à voir Nadj dans l’intimité des lieux.
Je me sens collé au réel. Comme le souligne fort justement René Solis dans sa critique du spectacle pour Libération : « On ne s'y perd pas, dès lors que l'on accepte de ne pas s'y reconnaître. Le titre signifie «jeu» en japonais ; un jeu du labyrinthe si l'on veut, où le besoin de trouver la sortie devient vite secondaire, tant la curiosité s'y conjugue au présent. »
Tout est dit.
« Je suis passé à côté » devient mon leitmotif.
Et si Nadj m’avait perdu ? Certes, mais je me sens bien seul dans le concert de louanges des critiques et du public. Alors ?
Alors, rien.
Voilà, c’est dit.
Écrit.
A digérer.

Crédit photo : © Christophe Raynaud de Lage.

 



Le  bilan du Festival d'Avignon 2006, c'est ici!


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A
J'ai vu Asobu au théâtre de la ville la semaine dernière (le 7 octobre)......et suis tellement passée à côté du spectacle que je me suis mise à chercher sur le web des pistes pour essayer d'y voir plus clair. Et j'y trouve surtout que d'autres que moi sont aussi restés enfermés à l'extérieur du spectacle. J'espère que Nadj lise cela et qu'il nous entrouve un peu plus son univers la prochaine fois, juste un peu plus. 
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P
A lire votre si beau commentaire, "Asobu" est une belle oeuvre. Nadj a eu l'honneur de vous avoir eu comme spectatrice; j'ai la joie de vous avoir comme lectrice si attentionnée. A très bientôt de vous lire, de vous relire, ....
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A
je n'étais pas en avignon mais hier à paris, au théâtre de la ville. et j'ai aimé, oui, aimé. rires, joies, échos, tristesse, désolation ... tant d'émotions. me laisser envahir par ces images, ces propositions ; me laisser porter ... être ce mannequin et goûter l'hommage .... je sortais un tantinet béate de ce moment lorsqu'une voix derrière moi bousculait mon rêve en sabordant la créativité de nadj qui aurait laisser la part belle à la poésie et non à la technique ... et alors me disais-je ... quand la technique ne se voit plus, c'est qu'elle est poésie devenue .... et le métro démarrait ..................................
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L
Votre commentaire me soulage. Depuis quelques jours, je n'hesite pas à questionner les spectateurs concernant "Asobu" et j'ai majoritairement la même réponse: "je ne suis pas rentré mais c'etait beau". J'aime bien votre image de porte fermée.Revenez plus souvent!A très bientôt.Pascal.
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N
J'ai eu la même réaction hier soir en sortant de la cour d'honneur. Cette impression de ne pas avoir été réellement invitée à entrer dans le "jeu", de ne pas avoir été happée mais tenue à l'écart de l'univers que NAdj a créé, pour lui? Pour nous? On peut légitimement se poser la question. Je suis déçue, comment être curieux (Libération) quand la porte reste fermée? <br /> <br /> Nicole
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