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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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A Montpellier Danse, Nacera Belaza et son temps du repli.

À la lecture de la présentation du spectacle, je comprends que Nacera Belaza, chorégraphe en résidence au Blanc – Mesnil, a vécu une période de repli sur elle-même. Ce qu’elle en écrit est intelligent : « Être danseuse et chorégraphe sont pour moi deux postures indissociables. Le point de vue de l’une alimente celui de l’autre, si je vois « clair » dans mes pièces c’est parce qu’aussi je suis à l’intérieur. J’ai souvent la sensation de les construire du dedans et du dehors. Mon espace de travail, lui, a toujours été un lieu privilégié qui m’a permis d’explorer mes principales préoccupations telles que : le silence, la lumière, le vide, l’obscurité, la vie, la fin, l’être humain…Tout cela à travers le corps. Cette recherche a nécessité par conséquent un véritable repli afin de nous couper du bruit de la rue et de nos vies ».
À présent, Nacera Belaza souhaite s’ouvrir, « refaire surface » et nous faire part de sa vision de l’être humain. C’est ambitieux, mais la danse m’a déjà habitué au défi de nous aider à comprendre notre complexité. Je suis donc curieux à l’idée de l’accueillir d’autant plus que je ne la connais pas. Le Théâtre de Grammont est comble, composé de pas mal de professionnels et d’amis de la chorégraphe, pour assister à « Titre provisoire / un an après… ».
Tout commence par une attente de dix minutes que le public semble ne pas supporter. Un magnifique jeu de lumières baigne la scène agrémentée d’un bruit d’une forte pluie tombant sur un toit. Cette alchimie m’évoque le repli sur soi, le travail intérieur, la découverte de nouveaux sens. Là où certains spectateurs manifestent leur angoisse du vide, je ressens la présence de l’artiste dans ce chaos. Progressivement, une silhouette se dessine à travers la vidéo. Je ne vois pas bien s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. L’ambiguïté est jubilatoire. Puis, par une étrange transformation, là voilà, humaine, qui arrive lentement sur la scène en hochant la tête. Sa venue rassure le public. Elle est suivie par deux danseuses, habillées à l’identique, dansant les mêmes mouvements. On croirait deux clones. C’est alors que le trio se met en place pour danser une valse où les gestes se répètent (rondeur, révolte, cassure). Ce langage du renouveau, du « refaire surface » est pauvre, presque anesthésiant. L’ennui me gagne. Cela ne m’évoque plus rien. À qui s’adresse-t-elle ? D’une posture de repli, Nacera Belaza nous offre une ouverture à partir d’un langage fermé. C’est comme si elle voulait expliquer la psychologie avec la musique des chiffres ! Je ressens progressivement un malaise…je ne me sens pas à ma place, comme un voyeur.
La fin du spectacle semble approcher. Elle reste seule et se met à tourner en rond. D’une ouverture, je ne sens que de la fermeture. Elle quitte la scène pour réapparaître sur l’écran vidéo. Elle danse au ralenti. Le langage ne change pas. Elle est dedans ; le public dehors.

Au final, « Titre provisoire / un an après… » est une œuvre égocentrique dont je ne doute pas de la valeur thérapeutique pour son auteur. Cela aurait pu être une danse autobiographique capable de faire résonance avec notre histoire. De résonance, je n’en ai pas entendu l'écho.

Crédit photo : G. Nicolas

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P
A noter que Nacera Belaza sera au Gyptis le 25 octobre à Marseille dans le cadre du Festival Dansem pour "Le pur hasard" , crée en 2005. J'y serais à "titre provisoire, quatre mois après"!
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L
Merci pour votre commentaire.Vous évoquez ces "quelques centimètres" qui feraient la différence. Je suis absolument d'accord avec vous concernant votre spectacle qui joue sur le "fil" de nos résonances. Il se trouve que j'ai moi-même vécu ce temps du repli. Je n'ai donc rien appris que je ne savais déjà. A moins que je n'ai pas voulu voir...Je m'etonne tout de même que votre spectacle n'est pas continué son travail par la suite. Cela m'arrive parfois avec certaines oeuvres chorégraphiques.J'assume mon regard sur votre pièce et c'est ma responsabilité. Je vous assure, c'est déjà beaucoup! Il n'en reste pas moins que j'attends avec impatience la suite de votre cheminement chorégraphique. A Aix, Montpellier ou ailleurs.Très cordialement.Pascal Bély
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N
Je viens de lire votre article et je me dis que forcement vous devez avoir un peu raison...tout ce qui est dit sur une oeuvre est vrai et se justifie par la subjectivite de chacun de son angle de vue,de sa propre attente(etc...)...toutefois il me semble qu' il reste sain et indispensable de toujours suspecter son propre jugement sa perception des choses... et si vous aviez tort?... de la ou vous etiez, ce que vous avez cru voir, cru comprendre...parfois il suffit de quelques centimetres pour etre totalememt dans l'erreur..on ne peut pas toujours engager que la responsabilite de l'artiste n'est ce pas?...en ce qui me concerne ma seule certitude desormais c'est de mettre absolument tout en oeuvre pour juste me tromper le moins possible....de la part d'une egocentrique...
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