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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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Le public de Montpellier Danse chorégraphie « Ha ! Ha ! » de Maguy Marin.

En mars 2005, Jerôme Bel avec «The show must go on» provoquait un joli séisme au Théâtre des Salins de Martigues en interrogeant, par la provocation, les raisons pour lesquelles nous venions le voir 
En juillet 2005, le Festival d’Avignon positionnait le public dans un autre rapport à l’art théâtral en proposant des œuvres métaphoriques et des performances. Le débat « texte ou pas » clivait la presse nationale. 
En mai 2006, Le KunstenFestivaldesArts de Bruxelles poursuivait cette dynamique en invitant le spectateur à repenser le rationalisme pour se projeter dans un monde plus complexe où les aléas et les incertitudes seraient source de créativité. 
Montpellier Danse ne pouvait donc pas rester à l’écart de ce mouvement de fond. La chorégraphe Maguy Marin, avec «Ha ! Ha !» a eu le courage d’interroger la fonction du rire dans une société qui fuit la recherche du sens. Comment expliquer le désir croissant du public à vouloir se détendre dès qu’il va au théâtre ? Comment interpréter la part dominante des émissions de divertissement entre 18h et minuit sur les chaînes de télévision ? À quoi font référence les expressions si souvent entendues, prononcées le plus souvent sur un ton moqueur : «Pourquoi te prends-tu la tête ?», «Si en plus il faut penser au travail quand je vais voir un spectacle !». Cette recherche du divertissement gagne progressivement le public de la danse. Que se joue-t-il ? Dans le contexte actuel français, le rire, loin d’être créatif et libératoire, cache, masque la complexité des situations. Il s’articule sans aucun problème à la pensée linéaire, au discours politique le plus simpliste. Une société qui veut rire de tout, se distraire à tout prix, prépare le fascisme.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Courageusement, Maguy Marin a décidé  de réagir. Il y a urgence à renvoyer un questionnement au public, de peur de voir en France et en Europe, l’art disparaître. Pour cela, nous avons à nous repositionner : il n’y a plus d’un côté les artistes qui proposeraient une création pour, de l'autre, des spectateurs consommateurs passifs. Même Helena Waldmann a compris la nécessité d’interpeller le public lors de « Letters from Tentland Return to sender » vu une semaine auparavant.
Je ne souhaite pas faire part de ce qui s’est passé à l’Opéra Comédie de Montpellier, dimanche soir. Il y aurait un paradoxe à expliquer un processus qui vous empêchera de le vivre. Toutefois, avant de courir voir cette œuvre, sachez que Maguy Marin inverse les prémices : nous sommes les acteurs, les danseurs sont les spectateurs. De la sorte, elle propose un art conceptuel et c’est à nous de recréer le concept. Ce nouveau positionnement nous aide à redevenir acteur, à sortir de la soumission imposée par la société du divertissement. Elle provoque un électrochoc salutaire en nous accompagnant à retrouver la posture du dedans – dehors qui seule permet de recréer un lien avec l’art, avec les artistes.
Oui, grâce à Maguy Marin, je n’ai plus honte de me prendre la tête. Elle me redonne la force de continuer ce blog, de poursuivre le chemin tracé depuis tout jeune : c’est la recherche du sens qui fait une vie. Maguy Marin a porté ma voix, celle de beaucoup d’autres. Elle m’a libéré des vexations dont je peux parfois faire l’objet (la dernière en date : "à quoi ça sert de voir tous ces spectacles ? N'as-tu pas envie de lâcher ?" ; le tout dit en riant !).
J’ai crié « Bravo » pour masquer les insultes d’une partie du public. À ceux qui ne perçoivent pas la menace sur l’art dans notre pays, rendez-vous dans les villes où Maguy Marin proposera « Ha ! Ha ! ». Revenez sur ce blog. Échangeons. Passionnons-nous. C’est l’une des ripostes au totalitarisme ambiant.

Sous les pavés, l’art et le social…

Pascal Bély - www.festivalier.net

Crédit photo: Chri;stian Ganet

 
 


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S
J'avais écrit ce commentaire bien avant le billet sur le platel, parce qu'en fait c'est quelque chose qui me travaille depuis longtemps. Dans Umwelt, j'ai eu l'impression que le forme et le fond ne faisaient qu'un : une société déshumanisante, froide, dénuée de sens, insupportable ... et j'ai reçu le spectacle comme tel. C'est un parti-pris et à ce titre, c'était très réussi, un spectacle à mon avis qu'il ne faut pas rater parce qu'il apporte réellement une pierre à l'édifice.<br /> Mais c'est ce que j'appelle le point de vue horizontal : quand le spectacle n'offre aucune alternative, aucune perspective autre que ce qu'il dénonce. J'étais une spectatrice rationnelle qui voit le spectacle et repart avec ce drôle de bagage.<br /> Pour moi, un point de vue vertical, c'est une forme de sublimation (non pas du côté esthétique), juste quelque chose qui parle à l'inconscient, au côté obscur, qui laisse entendre que nous ne somme pas que déshumanisation, froideur, rationnalité, bipèdes dénués de sens. J'aime encore croire que l'art est le dernier bastion de résistance à un monde désenchanté qui ne serait qu'agitation vaine. D'où mon intérêt pour le rapport au sacré, à l'inconscient, à l'humour, à la poésie, au dépassement des corps et de l'entendement, aux sens (dans toute la polysémie du terme).<br /> C'est pour ça aussi, que même si le Platel m'a gênée dans la construction du propos, au moins il remue des choses qui dépassent la critique simple pour aller toucher autre chose. C'est un spectacle vertical et c'est pour ça que c'est un spectacle que j'ai aimé (surtout pour sa scène finale magistrale) même s'il m'a également déçue (mais qui aime bien chatie bien). <br /> Voilou !<br />  <br /> <br />  
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L
Je n'avais pas vu ce commentaire!! "Tout espoir de verticalité?": C'est à dire?Je verrais "Umvelt" au Pavillon Noir à Aix en Provence l'an prochain. A suivre donc."Ah!Ah" sera programmé dans le cadre du Festival des Hivernales le 1er mars 2007 au Théâtre de Cavaillon.
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S
Normalement, je devrais pouvoir le voir la saison prochaine ...<br /> Je sais que d'un point de vue "rationnel", j'avais apprécié Umwelt, mais je m'étais demandée si une critique bien construite de la société se suffisait en elle-même. D'un point de vue personnel, un spectacle m'interpelle plus quand il y a sublimation de nos démons et j'avais trouvé umwelt froidement désanchanté, le propos avait sa pertinence là, certes, mais c'est glaçant de voir un tel reflet de ce qui nous entoure, un point de vue horizontal qui efface tout espoir de verticalité...
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