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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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« Pierre Rigal m’a presser ».


J'ai donc fait l'aller-retour express entre Aix en Provence et Montpellier pour ne rater sous aucun prétexte, la chorégraphie claustrophobe de Pierre Rigal, « Press », . Alors que la crise nous met chaque jour la « pression », comment la danse peut-elle explorer ce ressenti ? Cet artiste hors du commun, nous a déjà habitués à prospecter des territoires réduits par nos systèmes de représentation.  Avec « Arrêts de jeu », il fit du football une pratique chorégraphique particulièrement étonnante. Avec « Érection », il transforma le passage de la position couchée à la posture debout en un beau mouvement complexe. Ce soir, son espace est celui d'une pièce de quelques mètres carrés, d'une chaise, et d'un bras articulé censé l'éclairer. Il m'évoque les minuscules caméras vidéo qui quadrillent nos villes. Son terrain de jeu ne cesse de se resserrer alors que le plafond descend et remonte, accompagné d'un grondement, tel un « plafond de verre » assommant les bonnes volontés dans les entreprises, les organisations syndicales et politiques.

(Cliquez sur l'image pour visionner le reportage de France 3)

Les quarante-cinq premières minutes sont de toute beauté. Notre homme tente d'ignorer cet espace qui veut le réduire. Il le transforme en caverne où il semble dessiner des figures rupestres. Son corps se prolonge par ses mains ; il se fond dans la matière. Sa silhouette est une apparition, une image furtive. Il est le danseur qui s'extirpe du corps. Je suis le spectateur qui se projette à travers ses mains. Moment d'autant plus sublime que mon regard pousse les cloisons. Pierre Rigal dépasse la pression matérielle en puisant dans l'immatérialité de l'art. Le propos pourrait paraître évident et pourtant. Il réussit là où tant de chorégraphes échouent : nous inclure pour nous dégager de la pression qui pèse sur le spectateur de danse.

Mais pourquoi ces quinze dernières minutes ? Pierre Rigal quitte les parois pour interagir et jouer avec le bras articulé qu'il dévisse du mur. L'homme des cavernes devient l'homme-machine qui finit par se faire engloutir et disparaître. La danse colle à la proposition : la machine prend le pouvoir, s'introduit dans le corps, joue avec les affects. Pierre Rigal semble subir sa démonstration : il ne résiste pas à la pression d'avoir un propos explicatif, presque rationnel pour justifier la pertinence de sa danse.

Je me sens alors dans une posture d'évaluer sa performance physique et d'adhérer à ce consensus mou.

Retour express à la case départ.

Pascal Bély

www.festivalier.net


" Press" de Pierre Rigal a été joué le 24 mars 2009 dans le cadre de la saison de Montpellier Danse.


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Consulter la rubrique danse du site.

Pierre Rigal sur le Tadorne:


 Pierre Rigal et Aurélien Bory au cœur de la surface de réparation.

Les solos de Montpellier Danse au Festival de Marseille.

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F
voici un lien vers l'interview que j'ai faite de Pierre Rigal.http://freesia.over-blog.com/article-27245996.htmlen attendant mon article sur Press...à bientôt
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L
En effet Pierre Rigal nous présente une finalité bien sombre .La pression que nous subissons dans nos vies ,va t'elle nous écraser?Ce soir là ,j'avais eu une dure journée et ressentais trés fort son expression;Tirayée,écartelée,la tête prête à exploser,le cerveau anéanti...Pas tout à fait heureusement!Mon fils de vingt ans y a vu clairement l'homme d'affaire et le monde du travail avec son rythme effréné.Il n'est pas encore dans ce vécu...Ma fille,dix ans ,a trouvé cela joli!C'était un peu une version "des Temps modernes"de Chaplin du 21ème siècles?J'y ai ressenti une profonde émotion quand il se fraie un passage dans la chaise;C'était un peu comme une douleur de bébé qui arrive au monde,ou un insecte sortant de sa crysalide.La naissance ou la mue peuvent ouvrir des horizons plus prometteurs que la vision péssimiste de Pierre Rigal.C'était un beau tableau sur le système de notre société actuelle.J'aimerai bien une suite.Un travail collectif ,pour construire ensemble...
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