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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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Aux Hivernales d’Avignon, la danse contemporaine fut.

Rarement un festival m'a positionné dans un espace aussi inconfortable qui coupe la parole, sidère, écarte, isole. J'ai cherché sa dynamique, mais ne reste que des images d'une galerie d'art contemporain où la danse, faute d'en être le commissaire, ne fut qu'un faire - valoir! Le thème de l'étrange choisi par « les Hivernales » d'Avignon pour décliner sa programmation n'a pas facilité les processus d'ouverture, instrumentalisant la danse dans des champs pluridisciplinaires à défaut de l'enrichir. Pour chaque proposition, je me suis souvent contenté d'observer une dynamique qui se jouait en dehors de mes affects, de tout contexte sociétal à croire que la danse n'aurait donc rien à nous dire en ces temps perturbés ! J'ai plusieurs fois eu la sensation de me trouver dans un espace d'art contemporain, en décalage avec ma place de spectateur assis, accentuant la distance entre le propos, la dynamique de scène et la salle.

Avec Joseph Nadj dans « Entracte, j'ai additionné les images, les propositions à un rythme si effréné que j'en ai perdu le sens. La danse n'a qu'un espace réduit pour s'articuler avec l'orchestre de jazz et les nombreuses formes métaphoriques issues de l'imaginaire florissant de Nadj. Au final, la danse s'est appauvrie, victime de la saturation. Incontestablement, l'expérience de Joseph Nadj avec le peintre Miquel Barcelo lors du festival d'Avignon 2006 a laissé des traces, l'orientant vers la performance. La scène est-elle alors l'espace le plus approprié ? 

La chorégraphe, interprète et plasticienne Anna Ventura nous a proposé une relecture du Faune à partir de la mise en scène des différents textes de Mallarmé et en s'appuyant sur une proposition plastique (une petite scène de glace) pour nous emmener dans un univers tout à la fois poétique et chorégraphique. Je n'en suis resté qu'à la forme. Ici aussi, l'articulation entre l'œuvre plastique et la scène ne développe pas suffisamment d'espace pour être touché. La performance fige le regard sur ce bloc de glace, le conduit à observer bien plus l'artiste à l'œuvre que l'œuvre elle-même. La danse ne joue pas sa fonction de catalyseur, car sa gestuelle plastique finit elle aussi par saturer un imaginaire finalement peu stimulé.




Saturation aussi avec « Black !...White ? » de la chorégraphe sud-africaine Nelisiwe Xaba qui croise danse, animation vidéo et stylisme pour explorer les stéréotypes raciaux et sociaux. Une heure pour observer statiquement et de loin  une proposition où l'on filme la danse, où les corps entrent en symétrie avec les objets, réduisant un propos complexe à une ligne de démarcation entre le noir et le blanc. Complètement décalé.



Le seul à avoir réussi l'inscription de la danse dans un champ pluridisciplinaire est Alexandre Castres avec « Monsieur Zéro, famous when dead ? ». En questionnant l'image de sa mort à partir d'un personnage de théâtre, il parvient là où tant d'autres ne ce sont pas aventuré : nous inclure, nous parler. Ici, un homme danse avec des objets comme prolongement et non comme une fin en soit. Mais le voyage, manifestement trop court, semble s'être abîmé sur une petite scène inappropriée au propos. Pourquoi si peu ?


Pourquoi tant, serais-je tenté de demandé à Thomas Lebrun ? Pourtant, point d'objets ici à part quelques cravates (joliment alignées pour former la robe de monsieur) et des masques. « Switch » aurait pu être une proposition intéressante sur la notion d'identité, décrite avec pudeur et parfois panache par quatre danseurs. Alors que le masque de soi est porté par d'autres, on se débat avec cette danse qui nous perd. Thomas Lebrun s'engage tant dans son propos qu'il semble ne plus se préoccuper de nous donner des repères. L'homme « masqué » danse et finit par devenir étrange. Étranger. Danse hivernale ?

Pascal Bély

www.festivalier.net


"Les hivernales" en Avignon du 19 au 28 février 2009.


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A lire sur les Hivernales 2009: Aux Hivernales d'Avignon, étrange spectateur.

Alexandre Castres à Uzès Danse.

Consulter la rubrique danse du site.


 
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L
Sur le thème de la thématique, regardez ce qu'on en dit à Toulouse....Et puis, on ne se lasse pas de la créativité de Mathilde Monnier:http://culturebox.france3.fr
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L
Précisement parce que le contexte politique n'est pas favorable au spectacle vivant que nous devons débattre sur la qualité de ce qui nous est proposé. C'est l'absence de débat qui fossilise les positions et les projets. Il n'y a qu'un festival où il est permis de débattre sur la programmation: c'est le festival d'Avignon. Pour tous les autres, il n'y a pas d'espaces, c'est presque tabou. Or, Avignon résiste. Les autres baissent souvent la tête face aux tutelles. L'avenir du spectacle vivant passe (entre autre) par le débat entre spectateurs.
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M
Salut à tous les 2 : mon propos n’est évidemment pas d’ouvrir une polémique ou de contester ou de juger les propos de l’une ou de l’autre mais de faire en sorte qu’on ne jette pas le bébé avec l’eau du bain dans un contexte politique où il est très difficile de trouver les moyens de la diffusion et d’organisation de la rencontre du projet ou du geste artistique avec un public qui par ailleurs ne doit être ni complaisant ni passif mais qui peut exercer son jugement et sa sensibilité librement ! Donc conclusion : amitiés à tous et que vive le spectacle vivant !
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M
et mes plates excuses,mon commentaire inidgent était une boutade , désolée que cela ait eu l'air sérieux. Je suis trop loin d'avignon de toutes façons amitiés du mardi soir
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L
<br /> <br /> <br /> Je veux bien revenir sur certains points de votre commentaire.Sur la thématique. Je m’en suis déjà expliqué dans un précédent article. Le thème de « l’étrange » choisi par le festival ne m’est pas apparu suffisamment percutant cette année. Après l’apesanteur l’an dernier, que nous prépare-t-on pour l’an prochain ? Le sensible ? Le sous terrain ? Les grands festivals n’ont pas besoin d’une thématique, ils ont un projet, un propos. J’ai l’impression que les Hivernales interrogent plus la forme. Soit. Vous évoquez les stages, les rencontres. Certes, mais comment cela s’articule-t-il avec la programmation ? Où est la lisibilité pour un spectateur qui comme moi, ne vient qu’au spectacle ? Mais où est la lisibilité de ce festival dans la ville en plein mois de Février? Vous évoquez dans le cas de « Pre-fauna » d’un « work in progress ». Mais comment a été positionné le spectateur ? Que je sache Anna Ventura ne m’a pas associé à son travail ! Une étape de création suppose un autre positionnement du spectateur. Bien sûr que mon retour est parcellaire. Je n’ai pas vu la totalité de la programmation. Cela m’autorise tout de même à faire un retour global dès le moment où je mets en lien ce que j’ai vu. Et là, je dois bien avouer, que l’exercice m’est apparu particulièrement difficile.Concernant Joseph Nadj : on rentre ou pas. C’est la deuxième fois depuis « Asobu » présenté au Festival d’Avignon que je reste à la porte. Croyez-moi, c’est douloureux, car on se sent particulièrement seul.  Son art serait-il un peu autoritaire pour claquer la porte de cette façon?Je vous envie Marie-José de votre enthousiasme! Votre point de vue a sa place sur ce blog car si les spectateurs viennent peu aux rencontres organisées par le festival, ils lisent peu les blogs liés à la danse! Je ne vais pas bouder mon plaisir de vous lire...
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