1er novembre.
Déjà deux mois et je cherche toujours l'étincelle, le sursaut de créativité, la nouvelle forme, l'événement.
Deux mois et j'aspire à être bousculé, étonné.
Deux mois et j'attends de vous faire partager une émotion, mon engagement pour les artistes.
Deux mois et tout me paraît uniformisé, anesthésié.
Les théâtres et les Scènes Nationales dans la région PACA me semblent ne plus rien avoir à proposer. Les œuvres assurent la billetterie et rassurent en provoquant le consensus mou. Où est donc
passée la prise de risque, la prise de position assumée ? Jamais une rentrée théâtrale ne m'est apparue aussi triste, sentiment accentué par la désertion de la danse de la majorité des
programmations.
Alors, je me suis accroché. Au Festival marseillais ACTORAL d'Hubert Colas, l'un des rares metteurs en scène et directeur à
assumer quelques prises de risques. J'ai suivi le début des « Rencontres à l'échelle » pour me rassurer qu'il se tramait
quelque chose. J'ai fait le voyage jusqu'à Paris pour goûter au théâtre japonais et désirer que le projet de Pascal Rambert pour le
Théâtre2Genevilliers puisse un jour s'exporter ici. J'ai rêvé de Marseille, capitale européenne de la culture en ...2013
Mais au final, l'ennui. Même mon activité de blogueur m'apparaît bien fade si je la compare à 2007. Je feuillette les programmations et l'envie ne vient pas. Il n'y a pas de projet. Dans un
contexte de crise, l'absence de créativité des programmateurs est encore plus visible. Les structures se rassurent comme elles peuvent alors qu'elles se sentent menacées par un pouvoir méprisant.
Quant aux spectateurs, nous sommes toujours peu sollicités, sauf quand la menace arrive pour signer des pétitions et alimenter le système en confortant des directeurs « aux
pleins pouvoirs ».
Je m'accroche tout en fixant un agenda culturel décidément bien vide. J'écris pour poser un ressenti, tenter de le mettre à distance pour réanimer ma créativité et celle de mes lecteurs ,
décidément bien silencieux depuis deux mois aussi...
Pascal Bély - www.festivalier.net
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je tombe par hasard sur cet article. Il a été écrit en 2008 et annonçait la catastrophe de la rentrée théâtrale dans la région de marseille. Amis parisiens, venez ici en dehors de la période des<br />
festivals et vous verrez. On crève du clientelisme et de l'enfermement dans lequel se complaise les programmateurs. Monsieur Bély, votre blog est une découverte pour moi ce matin et il me fait du<br />
bien.<br />
Je vois qu'un an après, vous n'avez rien perdu de votre capacité d'étonnement et d'indignation.<br />
Zoé<br />
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après avoir passé trois ans formidables à madrid, mais sans trouver grand chose au théâtre,y compris à barcelone, je constate qu'en ile d france, on n'a pas le temps de chômer. C'est pas tjrs bien,mais, ça existe. Bon d'accord faut svt aller traîner ses guêtres en banlieue ou sous la pluie, mais c'est pas si dur d'être curieux
Petite hibernation...Mais je partage votre sentiment sur le manque de créativité.Beaucoup d'inertie en ce moment.Quand on parle créativité on a l'impression d'être idéaliste;de ne pas parler le même langage.Les gens ne veulent plus rêver.Je rêve toute seule à travers mes plaisirs propres:Je me suis régalée dans la diversité du festival du cinéma Méditéranéen,à Monpellier Danse lors d'un spectacle déjanté d'un couple espagnol.J'attends d'autres plaisirs :Claire Diterzi,François Rascalou,Preljocaj...Et tout ça à Monpellier!Je reviens de Londres où je me suis régalée à la Modern Tate Galery.jJattends décembre pour les belles expos Parisiennes.Plaisir de la découverte et de puiser dans la créativité qui nous émerveille encore,nouvelle ou plus ancienne.Et attendre des jours meilleurs et avoir confiance en l'avenir?
Mais que se passe-t-il donc, mon cher ami ? Un coup de froid, ou bien l'effet vacances scolaires qui accompagne une trêve dans les programmations des théâtres et autres lieux à vocation culturelle ? Cette semaine, tout reprend timidement. Peut-être allons nous courir voir Tg Stan à Arles, ou bien La compagnie des Lucioles à Cavaillon ou alors rester chez soi à regarder Six feet Under ? C'est décidé, Cher Tadorne, il faut se secouer. Barack est élu, un semblant de rassemblement sonne du côté du PS (j'ai bien dit semblant), et le soleil revient. Sortons et pressons nous dans les théâtres pour voir de quoi sera fait demain.
Guy ? Qui c'est ça, Guy ? Connais pas ;-)Pascal, un peu de haruspicine : lisons dans les entrailles du tadorne.Le rire cache parfois la gêne. La gêne, parce que, premièrement, je trouve exagérée ton analyse de la programmation actuelle et de la disparition de la danse, en tout cas là où je me situe (Paris). Parce que deuxièmement, si tu considères qu'il n'y a plus un spectacle valable, c'est à toi de résoudre une alternative personnelle : soit tu vires réac (c'était mieux avant, revenons-y), soit tu crées ce que tu ne trouves pas, ou plus, sur scène. Tu dois alors devenir davantage acteur - pas nécessairement comédien ou danseur, mais auteur ou programmateur. Si, malgré tout, certains spectacles trouvent grâce à tes yeux, crée un festival qui les rassemble et illustre tes idées, ta conception du spectacle vivant.Pour ma part, je me satisfais encore de mon activité de critique et de photographe, et je vois encore des spectacles qui m'intéressent. Je n'augure pas de l'avenir.