«
Inferno » est une succession de tableaux sur l'univers artistique de Roméo Castellucci. Après les chiens, un homme escalade la façade du Palais pour atterrir sur le toit (à noter le
silence du public sidéré par l'exploit). Il pourrait dominer le monde, nous montrer ce que nous ne pouvons voir. Arrivé là-haut, il balance un ballon de basket à un enfant. Consternant.
Une troupe d'hommes et de femmes arpente la scène où chacun finit par zigouiller un proche. L'enfer, c'est les autres.
La bande-son ? Des bruits d'accidents de voiture. La torture en Chine, la dictature en Birmanie, l'enfer médiatique, ne doivent pas faire assez de tapage pour les oreilles manifestement obstruées
de Castellucci.
Quoi d'autre ?
Des gosses enfermées dans un caisson transparent. La crèche, c'est l'enfer surtout pour les parents qui n'y trouvent pas de place pour leur cher chérubin.
Un piano qui brûle (référence à Dante j'imagine...les vrais rockeurs, eux, balancent leurs guitares).

J'oubliais Andy Warhol qui sort d'une voiture broyée (spot pour la prévention
routière ?) pour signifier sa descente aux enfers. Quand l'art contemporain occupe la scène pour écraser les comédiens.
Imparable.
Stop.
Les images s'accumulent et je cherche toujours le propos. Roméo Castellucci est un homme libre, il a le panache de celui qui sidère par les formes. Il s'est affranchi de Dante pour explorer ses
pistes. De cet espace de liberté exceptionnel, il n'en a rien fait. Le Festival d'Avignon a perdu une belle occasion de faire un peu de raffut alors que la démocratie vit des temps troublés en
France, en Europe et dans le monde.
Au cours d' «
Inferno », me revient une image. Celle de Daniel Cohn Bendit apostrophant Sarkozy au Parlement Européen : «
Vous êtes minable d'aller à la cérémonie d'ouverture des
Jeux Olympiques ».
À mon tout petit niveau, je me suis senti un peu minable de payer 30 euros pour le spectacle raté d'un enfant gâté du Festival.
ps: à lire l'analyse pertinente de
Sylvain Pack sur Roméo Castellucci.
Pascal Bély
www.festivalier.net
© Christophe Raynaud de Lage.
♥♥♥♥♥♥ «Inferno»
par Roméo Castellucci a été joué le 12 juillet 2008 au Festival d'Avignon.