Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

Publicité

« Le chemin se fait en marchant » de Claire Heggen : ceux qui l’'aiment prendront le train.

 

Je ne m’attendais pas à cela, à une telle rencontre. Après le spectacle éblouissant de Susan Buirge vue en Arles mercredi dernier, voilà que ce festival me transmet un autre cadeau : Claire Heggen. Cette artiste décide de créer sa biographie de mime, de danseuse, de pédagogue, sur scène ! Non par exhibitionnisme, mais pour nous transmettre les fragments de sa vie pour nous aider à recoller les nôtres !


Claire Heggen construit un spectacle complet (théâtre, danse, vidéo) à partir d’objets flottants miraculeux.
Des cubes en bois, petits cailloux semés ici et là, s’emboîtent à certains moments de sa vie, se cognent à d’autres.
Il y a ce papier fin, première enveloppe du bébé , qui devient écran de cinéma (les moments de ses spectacles passés sont très émouvants) puis se transforme en habit de scène.
Il y a ce sac orange (nous sommes très loin de la valise...), boite magique d’où sortent les moments phares de sa vie.
L’utilisation de la vidéo ne se substitue jamais à l’artiste mais la sert (que certains chorégraphes puissent comprendre la nuance !). Claire Heggen est tout à la fois danseuse, mime, responsable de compagnie, femme et mère de famille. Toutes ces facettes sont liées et c’est ce lien qui fait le spectacle. Nous passons du rire (le passage sur la peur est à mourir de rire) à l’émotion (la mort de Lucas…bouleversant). La mise en scène d'une heure trente ne souffre d’aucun temps mort alors qu’elle est seule sur scène. Mais Claire Heggen sait à quel moment s’éclipser, changer de registre. Elle sait cela de sa propre vie. Cette manière de nous la conter est à elle seule une transmission : on peut parler de soi avec humilité, créativité, inventivité avec notre corps et nos mots...

"Le chemin se fait en marchant" est un spectacle trés émouvant
.


Peu de dates sont  programmées (le 4 mars aux Ulis).
A nous internautes d’en faire l’écho car la transmission d’une telle énergie se fait en écrivant.

Le bilan des"Hivernales d'Avignon 2006" par le Tadorne!

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
O
Merci pour cette invitation d'autant plus que je craignais un peu ta réaction.Pourquoi pas des critiques directs, à l'occasion. Mais quand je vois tes planning de spectacles, je reste baba. Moi, je vais aux spectacles de façon très irrégulières et dans un petit périmètre.Autre chose, je pense que tu es très lu (je ne sais pas si tu as un compteur pour le savoir), je t'ai découvert l'année dernière sur "wikio" où tu es souvent très bien placé, mais tu as très peu de commentaires, je trouve.Et, comment fais-tu pour avoir toutes ces photos ?
Répondre
T
Les photos proviennent directement du site du Festival d'Avignon, seule manifestation qui met autant de clichés à disposition du grand public. Fait d'autant plus remarquable que j'aime beaucoup le travail de Christophe Raynaud de Lage."Wikio" est un excellent agrégateur pas assez connu à mon goût. Concenant la fréquentation du site, elle est irrégulière (en moyenne de 300 à 400 lecteurs quotidiens). Avec l'actualité du Festival, l'audience est en nette hausse...
L
Effectivement, nous n'avons pas vu ce spectacle au même niveau. Là où je l'ai vu "émotionnellement", à ma place de bloggeur qui se lâche un peu, tu l'as vu avec un regard proche du critique (c'est ce qui fait la richesse de tes commentaires). Finalement, nous sommes toujours dans un entre deux qui fait du blog un média interessant car il nous permet de lire les oeuvres avec plusieurs angles. Avec du recul, ton regard me fait réflechir (presque un an et demi après!). Voilà pourquoi, tu devrais écrire plus souvent pour passer de la rubrique "commentaire" à l'article!! Le Tadorne accueille aussi les jolies plumes! C'est quand tu le souhaites!
Répondre
O
Je suis désolé si j'ai extrapolé de ce que j'ai perçu dans son spectacle, si j'ai ramené quelque chose de personnel.En relisant, j'ai pourtant l'impression d'avoir  eu un regard sur ce spectacle, qui parle du parcours autobiographique d'une danseuse-chorégraphe, que c'est elle qui lie cela à sa vie (et c'est normal), et si j'ai fait allusion à quelque chose de ce niveau, c'est quelque chose qui est dans le spectacle.Ma critique est aussi en fonction de la tienne, qui comme l'écrivait Sylvie, faisait saliver.Mais on ne peut pas être d'accord puisque l'on est si éloigné sur ce spectacle.J'ai relu à nouveau, et je ne vois  qu'une critique de sa carrière de chorégraphe, de son regard de chorégraphe, qu'elle nous présente, là.Tu as aimé cette femme quand tu l'as rencontré. Reste à savoir si ce qu'elle raconte doit être vu avec complicité comme un simple spectacle autobiographique raconté à sa manière personnel, ou si, comme tu l'es dans tes critiques de danse, on ne doit pas garder un certain regard de comparaison de niveau (ce qui m'a trompé dans ta critique) ?Ca ne m'empêche pas de suivre avec beaucoup d'attention toutes tes critiques qui me concernent en tant que spectateur.Merci encore même pour ces prises de bec
Répondre
L
Merci Octave pour cette analyse ...très sévère de cette oeuvre. Je pense que Claire Heggen a un parcours chaotique fait de moments où elle a effectivement suivie la tendance. Mais je te trouve particulièrement dur sur la pièce et le regard que tu portes sur sa vie comme si tu mettais les deux au même niveau. Que juges-tu finalement? Sa vie? "Le chemin se fait en marchant"? J'avoue ressentir un certain malaise à te lire. Pour ma part, je me suis abstenu de juger sa vie (qui suis-je pour le faire?) et mon regard favorable était sur le processus qu'elle a mis en jeu dans cette pièce (cette belle façon de raconter sa trajectoire). Je ressentais positivement  certains élements de sa vie (c'est une façon de juger, je te le concède) et je ne suis pas allé plus loin. J'ai aimé cette femme au moment où je l'ai rencontré sur scène. C'etait une belle résonance comme le théâtre nous en offre parfois!
Répondre
O
Je suis allé voir ce spectacle en Avignon, hier, grâce à ta critique .Voilà un cas où tout s'inverse. Là où tu as ressenti de l'émouvant, je n'y ai moi-même ressenti que du pathétique. Comment expliquer ce trou ?Un spectacle vivant peut-il être si différent à des moments distants, tout en étant le même ?C'est dans le développement du spectacle que j'ai commencé à avoir des doutes, quand le parcours de Claire Heggen s'est fait jour, historiquement (parce que j'avais un à priori favorable étant donnée ta critique).Passage de la danse classique à la danse moderne, apport du mime, passage par le corps immobile, référence à Beckett, découverte de la danse transe d'Afrique noire, etc... comme elle le raconte, paraît être vécu en suiveuse de mode, sans vraie digestion. Elle ne semble pas présenter de vraies ruptures alors que ces périodes ont été plein de bouleversements iconoclastes. Du coup, son corps et ses mouvements ne font qu'appuyer cela, toute ses danses (dans ce spectacle) sont mimées, parodiées avec recul, ironie, complaisance. Les extraits filmés du passé montrent aussi ce peu d'investissement, comme la partie de danse filmée dans le désert, les corps habillés d'un maillage de corde en train de ramper et de marcher à quatre pattes comme des animaux mythiques. J'avais honte, et d'autant plus qu'elle utilisait cela dans son spectacle d'aujourd'hui. A l'époque encore, on pouvait dire qu'elle n'avait pas le recul, combien d'artistes ont fait ces erreurs de jeunesse. Mais le re-citer, c'est n'avoir rien tiré de toute cette aventure de plus de trente ans. Elle dit d'ailleurs deux fois que ce qu'elle a fait est arrivé trop tôt et trop tard !!!Dans un autre extrait, on voit un danseur d'Afrique noire lors d'une cérémonie, image extraordinaire.Je me demande alors ce qu'elle a pu tirer de cette vision primaire, tonique de la danse ?Malheureusement, dans le même extrait on voit un danseur de son équipe (peut-être elle) recouvert d'une combinaison, danser "à la moderne" (les mains écartées du corps et tremblantes) au milieu du même cercle d'africains, ce qui devient grotesque et qui ramène toute cette scène à du foklore touristique.Voilà, en gros, elle raconte sa vie de danseuse étoile rejetée. Elle pourrait pourtant raconter d'autres histoires, elle maîtrise le temps, les objets, les différents medias sur scène.On peut aussi dire que pourquoi pas cette histoire, qui est pathétique comme l'histoire de tout un chacun, avec ses moments de gloire, d'erreurs, de regrets, mais ça ne marche pas vraiment sans la connaissance de cette distance qui la sépare de la danse actuelle, par exemple. Parce qu'elle raconte quand même le parcours d'une créatrice qui est passé dans une époque précise. Qu'en a-t-elle gardé ? Dans ma compréhension, elle est passée tout à côté, en ne piquant que les tics de chaque mouvement passé à sa portée, et donc sans prendre ce qui était vivant dans chacun d'eux.PS : Je suis un peu en colère, là. Mais c'est aussi ce qui est bien. Je vais aller voir "Tendre Jeudi", après un doute depuis ta critique, j'irai l'esprit libre, finalement, vierge, sans à priori, puisque l'on n'a pas forcément le même regard.
Répondre