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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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Avec « Elephant people », le théâtre « bling bling » de Renaud Cojo.

 


Peut-on confier le corps à n'importe qui, pour n'importe quoi ? « Elephant people » de Renaud Cojo est une oeuvre encore inclasssable. La liste des co-producteurs qui défilent sur l'écran est impressionnante (collectivités territoriales, scènes nationales, ministère, théâtre national, Adami, ...):

Comment expliquer cette union « sacrée » pour une œuvre aussi tragique sur la perte du sens ? Est-ce cela que l'on nous promet pour « démocratiser » le spectacle vivant ?  Et que penser de cette formule publicitaire idiote trouvée dans le programme du Théâtre du Merlan pour présenter le spectacle de ce soir :"...Allons à la rencontre du monstre, celui qui est en chacun de nous ! " Mais pour quoi nous parle -t-on comme cela?
À défaut de diffuser le travail des chorégraphes (ils ne sont sûrement pas assez marketing), il est plus rentable de promouvoir la « pluridisciplinarité », mélange d'un groupe rock (avec tubes à la clef pour vendre la bande-son à la sortie), de vidéo , de théâtre (avec texte poétique pour rassurer l'intello de « Télérama » et des « Inrocks »), d'une « star » déchue de la télé-réalité pour faire tendance  (ici, Vincent Mc Doom, ex « célébrité » de TF1).
Par paresse (sûrement calculée), Renaud Cojo plaque au monde contemporain (la télévision) un thème porteur, « les monstres », qui soulevaient les foules dans les foires d'antan. Dans le rôle de l'animateur « monstrueux », un clone de Jean-Luc Delarue fait défiler les « monstres » d'aujourd'hui si « chers » à son émission. Quelle trouvaille ! Le tout joué et filmé façon talk-show avec vue sur les coulisses. On agite le plateau comme une bouteille d'Orangina afin de créer du désordre, un zapping dilueur de sens où les comédiens ne sont que des pantins téléguidés. À ce rythme, nous n'avons plus qu'à nous laisser porter dans cette parodie où tout est si facile à décrypter (plus c'est gros, plus ça passe !). Le plateau, sans cesse manipulé, rarement transcendé, est ramené à la portion congrue, envahi par l'orchestre et les machines, ce qui a pour effet de réduire l'effort d'une mise en scène.
Renaud Cojo s'évite tout propos politique, préférant le limiter au lien « coupable »  que nous aurions à ces monstres exhibés en longueur de journée dans les émissions de télévision. C'est de la sociologie sur scène, là où on aimerait y voir de l'art.
Cette production permet de multiplier les financements, de rassurer les mécènes sur ses aspects métaphoriques et divertissants. Elle est donc pour l'instant en phase avec son époque : tout dans l'apparence, si peu dans la construction d'une pensée.
« Elephant people » est un spectacle « monstrueux » : que l'on ose appeler cela « théâtre » est une insulte à l'intelligence du spectateur.
Je mets le cap sur le KunstenFestivalDesArts de Bruxelles en mai. Pour oublier tout cela. Et ranger définitivement « Elephant people » dans des bocaux de formol des laboratoires des programmateurs français qui courent après la modernité sans jamais la précéder.


Pascal Bély
www.festivalier.net


♥♥♥♥♥♥ « Elephant people» de Renaud Cojo a été joué le 28 mars 2008 au Théâtre du Merlan de Marseille. Préférons le KunstenFestivalDesArts à Bruxelles du 9 au 31 mai 2007.


Revenir au sommaire Une vidéo du spectacle: ici
Consulter la rubrique Spectacles pluridisciplinaires.

 

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M
ils deviennent dingues chez cojo pour laisser des commentaires aussi nuls    inquietant
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P
ATTENTION ATTENTION. J'ai publié ce matin un commentaire louant les bonnes qualités de ce spectacle. Il se trouve que mon article a bizzarement été effacé des commentaires...Ce site est une FORMIDABLE ARNAQUE faite pour démonter certains spectacles... Je demande à ce que le webmaster rentre en contact avec moi sinon je publierai ma réponse sur nombre d'autres sites en racontant mon aventure sur ce pseudo site de critique de théâtre.. HONTE A VOUS!!!
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P
Ah oui bien sur... s'en prendre également aux Ch'tis du Nord et de leur écrasante popularité, c'est faire de votre bonne ville de Marseille un ghetto quelque peu terne...
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P
<br /> Me promenant sur « la toile » en quête<br /> d’informations sur ce spectacle que j’ai personnellement vu à Tulle chez moi en<br /> Corrèze je m’étonne en tombant sur votre site sur le conservatisme ambiant de<br /> Marseille où il semblerait que ce spectacle ait été déprécié… Que de mots<br /> violents contre cet objet théâtral qui fut pour moi et mon épouse un vrai<br /> bonheur de découverte… Nous voyons beaucoup de spectacles et sommes stupéfiés<br /> par ces réactions à la chaîne. « Eléphant People » nous a apporté une<br /> réflexion tout en sensibilité sur la monstruosité ambiante à travers les<br /> monstres de foire et surtout le commerce qui en était fait. Les Marseillais<br /> sont ils capables de décoller le nez de leur téléviseur en restant sur le<br /> premier degré de la proposition du metteur en scène… A moins que les<br /> « sudistes » n’aiment pas que le théâtre s’empare de ce média afin<br /> d’en livrer le cynisme à l’expertise de chacun… La grande intelligence de ce<br /> spectacle est de justement nous permettre d’être actifs et nous détourne de<br /> notre situation passive de téléspectateurs. Tout cela est fait avec une grande<br /> finesse et le trouble qu’il occasionne à la fin du spectacle est des plus<br /> émouvants…<br /> Je suis ravi pour ma part qu’une infime partie de mes impôts<br /> puisse aller à la création et non pas seulement à L’Olympique de Marseille et<br /> toutes les magouilles qui vont avec…<br /> La France peut-être fière de la richesse de ses talents et<br /> de ces jeunes artistes qui nous permettent, nous simples spectateurs de nous<br /> enrichir de la reconnaissance de notre propre monstruosité.<br /> A Tulle chers gens de Marseille cet « Elephant<br /> People » a fait l’unanimité et vu le nombre de commentaires il aura marqué<br /> les esprits. Bravo à l’équipe de ELEPHANT PEOPLE !<br />
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M
j'ai pêché sur le net une critique de la revue mouvement sur ce spectacle nullisime. si quelqu'un peut traduire ce que veux nous dire mme corbel, suis preneur. C'est avec ce type de papier que Cojo se fera mousser; autant dire que le tadorne et la marseillaise peuvent aller se coucher!<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> COMPTE RENDU Les folies du regard Elephant people, mise en scène Renaud Cojo, texte Daniel Keene Renaud COJO date de publication : 14/02/2008 // 12755 signes La dernière création de Renaud Cojo, Elephant people,<br /> se présente comme un opéra contemporain sur le monstrueux. Poème<br /> surréaliste aussi, la pièce touche nos zones mentales les plus<br /> reculées, là où l’image se forme et déforme. La monstruosité, pour le metteur en scène Renaud Cojo, est un objet inépuisable de théâtre. Sa dernière création Elephant people présentée au TNBA de Bordeaux puis à l’Hippodrome de Douai continue de<br /> tirer en ce sens le fil rouge qui relie depuis une quinzaine d’années<br /> ses mises en scène (1). Non pas qu’il ne jurerait que par l’acteur<br /> sensationnel qui serait entre le « monstre sacré » et la bête de scène,<br /> si difficile à dénicher comme à faire reconnaître. La participation de<br /> la célébrité télévisuelle et travesti Vincent Mc Doom (2), qui en a<br /> toutes les caractéristiques, pourrait pourtant constituer un indice...<br /> Cependant, Vincent Mc Doom n’a dans cette affaire d’autres intérêts que<br /> ceux du sens ; son engagement aux côtés d’acteurs, qu’on pourrait dire<br /> ordinaires du faible point de vue des médias, est le signe qu’Elephant people dénonce plutôt les mécanismes d’un formatage des regards dont lui,<br /> Vincent Mac Doom, a pu personnellement connaître les ravages. Mais pas<br /> seulement. Si Elephant people se construit comme la fiction du tournage d’un talk show intitulé « Elephant people », en référence à l’expression « les people », la dernière création de<br /> Renaud Cojo emmène vers des régions plus obscures, où les<br /> représentations se diluent dans les incertitudes de leurs bords et de<br /> leurs devenirs. Vincent Mac Doom y est à la fois lui-même dans le rôle<br /> que la société lui accorde et un acteur jouant Joséphine<br /> l’hermaphrodite. De même, la situation (celle du tournage) est toujours<br /> au bord de se confondre avec l’ici et maintenant de la scène (le<br /> théâtre) et la représentation, sur le point de se décomposer pour<br /> laisser place à un chaos. Une pièce de théâtreSous cet aspect critique, Elephant people reste une pièce de théâtre, même si Renaud Cojo la présente comme un<br /> opéra contemporain. Même là, la frontière vacille, tant l’opéra<br /> contemporain prend des accents rocks. La composition musicale des<br /> Married Monk, groupe belge de rock électro et pop qui produit là son<br /> dernier album (http://www.myspace.com/themarriedmonk),<br /> tient plutôt de l’opéra rock populaire. En fait, on est plus exactement<br /> dans un théâtre qui joue au concert rock – le chanteur Christian<br /> Quermalet est en devant de scène, micro en main, et l’installation des<br /> Married Monk fait partie de la scénographie. Mais même la comparaison<br /> du concert, séduisante, ne tient pas devant les éléments théâtraux de<br /> la pièce. Il y a d’abord la fiction sur l’émission télévisée où le rôle<br /> du présentateur exige un travail d’acteur important. Ensuite, Elephant people ne déroge pas à ce critère sacré du théâtre, selon lequel il lui faut un texte, un corpus, pour exister. Il<br /> y en a en effet un de taille, signé Daniel Keene, auteur répertorié<br /> parmi les auteurs dramatiques tout ce qu’il y a de plus classiques,<br /> même si l’aspect symbolique et mythologique de son écriture, certes<br /> souvent laissé dans l’ombre, en fait aussi un poète. Le fait même que<br /> Renaud Cojo s’adresse à Daniel Keene, dont il a déjà mis en scène La marche de l’architecte (2002, Avignon), est une affirmation du théâtre. Mais, comme dans bien<br /> des formes transdisciplinaires du théâtre d’aujourd’hui, le texte<br /> reste, malgré son importance et sa beauté, une force parmi d’autres,<br /> aux côtés du son, des lumières (Eric Blosse) et d’un travail complexe<br /> des vidéos (Benoît Arène, Renaud Cojo et Christophe Barbet, Thierry<br /> Lahontâa). Du cri de l’organiqueElephant people propose un théâtre organique dont la forme, à haute technicité,<br /> métaphorise comme les automates et les machines du XVIIIe siècle,<br /> l’organicité du corps humain et plus largement, du vivant. Sous la<br /> peau, les rouages d’une vie autonome mais qui n’a pas de centre, donc<br /> d’identité fixe. Ce que l’observation apprend, c’est qu’un sujet<br /> d’aspect difforme et parfois infra-humain peut vivre ; le monde<br /> organique continue de s’assembler et de fonctionner malgré des<br /> dissemblances dans l’apparence humaine. Il y a une autonomie du vivant,<br /> une impuissance de la volonté humaine qui suggère une possession, une<br /> transe, un pathos de la vie. Le monde du corps échappe relativement,<br /> obscurément, et de cette faille entre la définition de soi et<br /> l’identité organique, qui se décline entre individu et famille, entre<br /> singulier et collectif, de cette déchirure jaillit l’angoisse de<br /> l’horreur et de la dégénérescence, de la mort, d’un excès qui nous<br /> emporte et nous rappelle notre appartenance à un cosmos démesuré, de la<br /> taille de l’univers. Les moyens sonores, lumineux et vidéos de mise en<br /> scène traduisent ce débord et ce vertige. Ils mettent en scène un<br /> lyrisme, un indicible dans la parole, du pathétique et de la douleur,<br /> du cri de l’homme prisonnier de l’infini. Car c’est de cela aussi qu’il<br /> est question, d’une pathologie de l’humain, au-delà même d’un<br /> enfermement claustrophobe dans des représentations qui sont nécessaires<br /> pour définir un espace habitable. Parallèlement à la<br /> représentation, à Douai, était proposée la visite d’un faux cabinet des<br /> curiosités dit du capitaine Raffy. Il s’agissait d’une installation<br /> plastique de Bruno Coucoureux, Thierry et Bruno Lahontâa (fondation.raffy.free.fr).<br /> La magnifique fausse queue de sirène, personnage muet d’amour dans bien<br /> des légendes et doué de chant mortel, voisinait un boudoir imaginaire<br /> de la Callas. Sous cet angle, Elephant people est plus<br /> qu’un barnum, une baraque de foire, ou un grand poème surréaliste<br /> kitsch ; il n’en a que les appâts séducteurs, piégeant notre goût<br /> éventuel pour le grotesque. Les prothèses de l’homme à tête de lion ou<br /> des frères siamois ne font illusion qu’un premier temps, et très vite<br /> nous font sentir que la première question qui nous vient, de savoir si<br /> c’est possible, cache une seconde question plus inquiète, de nous<br /> demander si nous ressemblons à cela. Sifan Shao qui joue le siamois est<br /> avant tout d’une grande beauté séductrice dans sa présence mystérieuse<br /> et comme inatteignable, et il peut faire l’effet d’une monstruosité. Si<br /> Renaud Cojo semble alors nous rassurer en dénonçant son théâtre comme<br /> un trucage (non, ça n’existe pas vraiment, les monstres), il rend<br /> perceptible la seconde question, sur l’identité, plus inquiétante et<br /> indicible, qui suggère que ce qui est désigné comme monstrueux est ce<br /> qui est unique, donc qui n’est pas représenté. La grosse ficelle de la<br /> critique de la télévision comme fabricant du faux sensationnel paraît<br /> alors trop évidente pour être le cœur du sujet. La présence de Vincent<br /> Mc Doom montrant au passage le ressort, que ce soit à la télévision ou<br /> ailleurs, des productions documentaires ou réalistes (un élément réel<br /> fait croire à la réalité de l’ensemble où il est produit), serait<br /> d’ailleurs contradictoire puisqu’il vit de la télévision et que dans la<br /> conversation, il dit volontiers lui devoir beaucoup, notamment d’avoir<br /> trouvé à être regardé comme un autre. Renaud Cojo n’a<br /> certainement pas pour seul objet cette critique consensuelle du<br /> mensonge de la télévision ou de toute prétention à représenter la<br /> réalité.La mélancolieQu’est-ce qui fascine alors<br /> dans les monstruosités de la nature ? Qu’est-ce que cette curiosité-là<br /> ? Les monstruosités, autrefois considérées comme des prodiges et des<br /> signes divins, classées à partir du XIXè siècle comme des erreurs<br /> pathologiques dans une perspective eugénique plus ou moins assumée, ont<br /> depuis toujours excité la curiosité et même causé de sérieuses<br /> fortunes. Un premier film de Todd Browning, Freaks (1932), se<br /> passant dans un cirque, mêlait précisément histoire d’argent et d’amour<br /> chez des lilliputiens. Aujourd’hui, on retrouve cette fascination pour<br /> le monstrueux dans l’appétence publique pour les films d’horreur, les<br /> images d’actualité de mort en direct, dans la guerre, ou encore de<br /> façon inversée, dans ce qui sous-tend le clonage, par exemple. Ce que<br /> Renaud Cojo met plutôt en scène dans cette curiosité, c’est<br /> l’expression et la projection de terreurs inconscientes. L’exemple du<br /> jumeau soudé au corps d’un homme donne l’image, insoutenable, de ce<br /> qu’est un sujet mélancolique. Ce n’est pas pour rien qu’une vidéo donne<br /> la parole et l’image à ce frère perdu, éclairant comme de l’intérieur<br /> le corps de l’acteur. Ici, la vie fœtale hante et affecte le corps de<br /> l’ombre d’une vieille exuvie pourrissante. C’est l’image d’un deuil<br /> inaccompli, ce jumeau inabouti réclamant la mort, mais le sujet la lui<br /> refusant, car s’en séparer le ferait mourir. Soudé depuis sa naissance<br /> à sa vie utérine, l’individu ne peut pas faire le deuil de son origine<br /> organique, qui l’a fait entrer dans une série de métamorphoses<br /> l’emmenant de l’enfance à la vieillesse dans la mort. Cette<br /> interprétation d’une des images fortes d’Elephant people n’est<br /> qu’un exemple. Chacun des cas, de la femme à barbe à l’hermaphrodite et<br /> à l’homme à demi fauve parlent de cette première vie inconsciente<br /> précédant l’entrée dans le monde du langage. Singulier et politiqueEvidemment,<br /> le monstre n’est pas seulement la création imaginaire d’une<br /> fantasmagorie inconsciente. Il existe de réels êtres difformes et<br /> inclassables. Mais le succès, le drame des monstres et l’inflammation<br /> publique pour leur cause y renvoient directement, comme à des phobies<br /> enfouies. Le cas de l’hermaphrodite, joué par Vincent Mc Doom, est<br /> révélateur. La passion publique, dans presque toutes les cultures,<br /> contre l’homosexualité et les sexualités différentes, montre aussi<br /> comment l’identité se forme par exclusion des dissemblances et non pas<br /> connaissance de soi. La plupart des sociétés aujourd’hui ne demandent<br /> pas aux individus ce ils sont, mais de chercher l’intrus et de le<br /> désigner, et d’ainsi se définir. Le concept de normalité sert de<br /> référence à une définition phobique de l’identité. Sous des sociétés<br /> très normatives, tout un bouillon de culture de réelles monstruosités<br /> politiques ou sociales mijote, qui font droit à l’ostracisme, à la<br /> délation, à la mise au ban, à la vindicte et à la diffamation. Elephant people est aussi une pièce sur l’identité, sur le singulier et le commun, avec<br /> une portée politique. Le titre, en référence au film de David Lynch Elephant man sorti en 1980, indique ce glissement de la curiosité pour le singulier<br /> à l’intérêt pour la pluralité. Un ensemble plural n’est pas composé<br /> d’éléments identiques ; aussi une communauté politique est d’abord un<br /> assemblage de singularités ou une assemblée qui a des procédures pour<br /> accueillir et reconnaître la différence. Selon la rhétorique<br /> manichéenne propre au cinéma américain, le personnage de Mérick, qui,<br /> dans le film de Lynch est celui de l’homme monstrueux mais enrichi<br /> d’une humanité supérieure, devient celui du présentateur télé<br /> monstrueux dans son exploitation commerçante de la différence. En<br /> brouillant les frontières entre l’ordinaire et l’extraordinaire, entre<br /> le normal et l’anormal, entre le repoussant et l’attirrant, Renaud Cojo<br /> éclaire l’objet monstrueux sous ses innombrables facettes pour faire<br /> réverbérer l’étrangeté de nos paysages ordinaires. 1. Entre autres exemples, il a déjà mis en scène Les Zootropistes (2005), Phaedra’s love (Sarah Kane, 2000), Pour Louis de Funès (Valère Novarina, 1999), Le voyage de Jean-Pierre Normal (1995), Les taxidermistes, écrit avec des handicapés mentaux (1992-1997), tous évocateurs d’un monde où le monstrueux entre en lice. 2.<br /> Vincent Mc Doom est une célébrité, dans la mode et la télévision. Lors<br /> de la présentation à l’Hippodrome de Douai, les adolescents présents<br /> dans la salle l’ont immédiatement reconnu, pour réclamer à la sortie<br /> une séance d’autographes. Vincent Mc Doom a écrit une autobiographie L’homme que je suis (Michel Lafon, 2004). Il a créé une fondation Blue Angel, à Sainte Lucie, pour aider les enfants abusés.Elephant people,<br /> du 23 au 26 janvier au TNBA-Théâtre National de Bordeaux, les 30 et 31<br /> janvier à l’Hippodrome de Douai, le 7 février à l’Elmediator,<br /> Perpignan, les 27 et 28 mars au Théâtre du Merlan, Marseille, le 1er<br /> avril aux Sept Collines, à Tulle et le 4 avril au Centre Culturel de<br /> l'Agora, à Boulazac. <br /> Mari-Mai CORBEL<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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