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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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Florent Marchet quitte la Scène de Cavaillon.


Ainsi va la vie culturelle en région PACA...
Après la disparition de « Danse à Aix », la programmation sans surprise du Toursky à Marseille, les précautions du Théâtre des Salins de Martigues pour un public effrayé par son ombre (!), le chanteur Florent Marchet (ou du moins son producteur) décide d’annuler la résidence qu’il avait prévu à Cavaillon dès janvier 2006. J’avais pas mal d’attentes après son beau premier album et ses prestations réussies aux "Correspondances de Manosque". Il avait prévu de préparer son deuxième album à Cavaillon.
Ci-joint les explications de Jean-Michel Gremillet, directeur de la Scène Nationale de Cavaillon :
« En créant il y a une dizaine d’années les résidences de création chanson, l’un des objectifs du Ministère de la Culture était de créer les conditions d’un dialogue entre public et privé, entre des théâtres comme le nôtre, et des producteurs dont les logiques sont souvent plus industrielles que culturelles. La résidence que nous avions imaginée début 2005 avec le chanteur Florent Marchet et son producteur était pleine de ces utopies qui auraient séduit un large public. Mais voilà, la seule dynamique de la Scène nationale n’aura pas suffi, et nous avons fini par renoncer.
Ce n’est sans doute pas un hasard si c’est le même producteur qui nous a privé, avec une trentaine d’autres villes, et sans raison véritable, de la venue de la chanteuse Camille.
Un autre hasard ? Le Ministère de la Culture vient de décider de transférer au Centre national des variétés, un organisme privé, les fonds attribués aux résidences chanson. Le service public de la culture traverse une drôle d’époque
 ».
Cette annulation s’inscrit dans des difficultés de positionnement de la Scène Nationale de Cavaillon. Les baisses de subventions ont entraînées l’annulation de certains spectacles dans un environnement politique local et national délétère. Ce contexte conduit le directeur de Cavaillon dans l'excés quand il affirme que le Centre National des Variétés est un organisme privé! C'est faux! Le CNV est un EPIC (Etablissement Public Industriel et Commercial au même titre que Météo France). Ce raccourci vise à faire croire aux spectateurs de Cavaillon que Florent Marchet ou Camille seraient vendus aux lois du marché! Il n’en ai rien comme en témoigne les statuts du CNV:
« Le CNV est un établissement public industriel et commercial, placé sous la tutelle du ministre chargé de la Culture.
Il a pour missions principales de soutenir les entreprises de spectacles, sur les fonds collectés par la taxe sur les spectacles de variétés, de développer des activités commerciales dans l’intérêt collectif de la profession, et de mettre en oeuvre un Centre de Ressources sur l’environnement artistique, économique, social, technique et patrimonial du spectacle vivant dans le secteur de la Chanson, des Variétés et du Jazz. ».
A la rubrique « aides accordées », vous aurez la surprise de constater que le CNV aide de nombreux artistes souvent confidentiels (tel le bien nommé Nicolas Bacchus) et des lieux de spectacles. La Scène Nationale de Cavaillon n’a donc pas pour mission d’aider la production musicale; elle n’a pas le rayonnement national qui permettrait à Florent Marchet d’assurer la promotion de ce deuxième album.
Il faut peut-être arrêter de se moquer du public. Celui-ci peut très bien mener ses investigations (via l’Internet). Le départ présumé de Florent Marcher pour le CNV semble être cohérent avec son parcours et son projet. Il n’allait tout de même pas s’enfermer dans un théâtre militant pour spectateurs acquis aux logiques anti- industrielles !  

A lire: Florent Marchet donne aux correspondances de Manosque ses lettres de noblesse.

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C
La réponse du CNV:<br /> <br /> Les aides accordées par le CNV sont examinées et attribuées par des commissions constituées de professionnels. <br /> Les décisions sont ensuite validées par le Conseil d’Administration du CNV.<br />  <br /> En 2005, 730 projets ont été aidés pour 11,3 M €.<br /> En 2004, 363 entreprises ont été aidées contre 420 en 2005.<br />  <br /> 175 nouvelles entreprises ont été aidées en 2005 mais ne l’avaient pas été en 2004.<br /> Et 119 entreprises ont été aidées en 2004 mais ne l’ont pas été en 2005.<br />  <br /> Aussi, le taux de renouvellement est certain et témoigne que ce ne sont pas toujours les mêmes entreprises ou projets qui sont soutenus.<br />  <br /> Concernant le programme des résidences et son transfert de la DMDTS au CNV :<br /> Les discussions sur les conditions du transfert, en 2007, du programme des « Résidences des musiques actuelles » sont désormais engagées au sein du CNV et avec le ministère de la culture. Toutefois et à ce jour, rien n’est officiellement décidé. Le Conseil d’Administration du CNV qui s’est réuni le 26 octobre dernier, a porté le sujet à son ordre du jour. Des informations plus précises sur la gestion du nouveau programme par le CNV seront alors connues avant la fin 2006. D’ici là, le CNV n’est pas en mesure de recevoir de dossiers de demandes d’aides.
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P
Bonjour,Je vous laisse libre de vos propos concernant le poujadisme (mot décidément très à la mode). Je  me positionne comme faisant partie du public. Il se trouve que je suis la carrière de Florent Marchet. J'ai du mal à penser qu'il puisse créer dans un établissement "poujadiste". Mais j'avoue ne pas avoir d'information sur le rôle de cet EPIC dans la sortie de son nouvel album prévu en janvier 2007. Cela dit, la composition des membres des différentes commissions semble paritaire. J'avoue ne pas bien comprendre le ton de votre post à l'égard de cet établissement.
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S
Ouaf ! Que de méconnaissance étalée avec certitude !<br /> "Il faut peut-être arrêter de se moquer du public. Celui-ci peut très bien mener ses investigations via Internet" : Oui, bien sûr. On lit ainsi que le CNV est un établissement public... Ce qu'on ne lit pas, et qui supposerait un peu plus de curiosité et de perspicacité (ce que le directeur de la scène nationale dont vous parlez a sans doute) c'est que le CNV est un regroupement de PRODUCTEURS DE SPECTACLE (et uniquement cela), que même s'ils gèrent l'argent d'une TAXE (donc de l'argent public) et des subventions de l'Etat, ces producteurs se considèrent comme les propriétaires de cet argent qu'ils se redistribuent à eux-mêmes.<br /> Lisez donc les déclarations de Jean-Claude Camus (producteur de Johnny) sur le CNV et la taxe sur les spectacles, vous comprendrez le poujadisme qui règne dans cet EPIC !<br />  
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