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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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"La place du Singe" de Christine Angot et Mathilde Monnier: le beau souvenir d'Avignon 2005.

Il aura donc fallu en passer par là…Subir Rambert, Vienne, Decuvellerie pour enfin comprendre le projet global de la Direction du Festival. Cette déconstruction que vit le public (il perd ses repères habituels) est nécessaire pour l’aider à passer vers d’autres formes artistiques, métaphores du nouveau monde à construire. Nous sommes effectivement à la fin d’une époque (le monde binaire) pour entrer dans la globalisation (les réseaux). Le spectacle vivant pouvait-il rester à l’écart de cette mutation ? Cette édition restera sans aucun doute un tournant dans la vie agitée du festival d’Avignon.
Alors à force de déconstruction, j’étais prêt pour accueillir à 19h la proposition de Christine Angot et de Mathilde Monnier, « La place du singe ». Pour la première fois dans ma courte vie de spectateur, j’ai assisté à la magnifique articulation entre la Danse, la Littérature et le Théâtre.
Un texte puissant d’Angot sur la bourgeoisie qui fait lien entre elles, Monnier qui danse les non – dits (nombreux dans ce milieu), une scénographe, Annie Tolleter, qui métaphorise par des objets (un drapeau français, une estrade,une table) le contexte du charme si discret de la bourgeoisie. Tout au long du spectacle, je suis fasciné par la justesse du propos, la sincérité des acteurs (pour la première fois dans ce festival, j’entends un « je » engageant) et la puissance de Monnier qui utilise son corps comme défouloir d’une souffrance trop longtemps enfouie.
Le public est debout, ovationne ce trio et j’ai les larmes aux yeux….Emu par ce lien entre elles et nous, entre le Festival et son public, entre les arts et le monde…Une (re)construction.

Pascal Bély
www.festivalier.net



A lire sur le même théme:

- Le bilan du Tadorne sur le festival d'Avignon 2005.

- Mathilde Monnier plombe la soirée du Festival d'Avignon.



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L
Je n'en reviens pas de ces propos ,déjà en 2005.Je ne les ai découvert qu'en 2007!En allant voir ce spectacle ,j'ai été moi aussi fascinée par la justesse de leurs échanges,corps et mots se répondent:Tantôt violents,à nu,en harmonie ou en conflit...effectivement ce texte nous renvoie à notre propre enfance car il parle de nous .De familles aisées qui ont des exigeances pourtant différentes envers leurs progénitures.A voir, pour avancer dans nos propres complexités!
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J
Dommage que je ne l'aie pas vu pour pouvoir en parler avec vous. Le propos d'Angot, et le peu que j'en ai entendu, me gêne un peu. Le bourgeois c'est comme le barbare : c'est toujours l'autre. Mais en vérité ne sommes-nous pas tous, à quelques héros près, des bourgeois ? Pour autant, les spectateurs vont-ils à ce spectacle comme à leur autocritique ?<br /> Par ailleurs je ne crois pas au changement des mondes. L'homme a toujours vécu en réseau, chose naturelle pour un animal sociable. Ses échanges ont toujours été planétaires, ou du moins poussés aussi loin que la technique le lui permettait.<br /> Amicalement, JD.
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P
Dans cette pièce, le bourgeois c'est d'abord Angot et Monnier. C'est un "je" permanent, engageant. Concernant le profil des spectateurs, j'avoue ne pas savoir qui va voir un tel spectacle. N'étant pas bourgeois moi même mais connaissant beaucoup ce milieu, j'ai été frappé par la justesse du propos. J'ai invité quelques amis (bourgeois) à aller voir le spectacle: j'ai repéré de la résistance!<br /> Concernant le réseau, il me faudrait des pages et des pages pour y répondre. Si l'homme porte et vit en réseau, les institutions qu'il crée sont loin des logiques transversales! Et je n'évoque même pas la façon dont notre cerveau a été formaté pour cloisonner les disciplines et la vision du monde.<br /> Je crois qu'Avignon 2005 préfigure plus que jamais la transversalité et la mise en réseau des professionnels autour de projets artistiques fédérateurs. Ce projet global de la direction du Festival rencontre les  résistances de ceux qui continuent à s'accrocher à leur pré carré.<br /> J'espère vous avoir éclairé sur la teneur (complexe) de mon propos!<br /> A très bientôt.<br /> Pascal Bély.