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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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Le Théâtre des Salins applique le principe de précaution. Le Festival d'Avignon pourrait suivre.

Je suis abonné au Théâtre des Salins à Martigues. J’aime sa programmation et l’engagement de l’équipe à faire découvrir au public provençal un théâtre de qualité. Mais voilà, tout à un revers ! J’ai reçu le courrier suivant adressé aux spectateurs de la part d’Annette Breuil, la Directrice du théâtre :

« Vous avez choisi de venir voir, en janvier prochain, la Fausse Suivante de Marivaux, mise en scène par Guillaume Vincent.Il a réalisé une mise en scène tout à fait audacieuse avec une jeune équipe artistique pleine de fougue tout droit sortie d’une des écoles de théâtre les plus prestigieuses (l’Ecole supérieure d’Art Dramatique du Théâtre National de Strasbourg).
Guillaume Vincent se confronte ici à l’une des pièces les plus noires et les plus cruelles de Marivaux.
Pour restituer cette férocité et ce théâtre de faux semblants fait de masques, de déguisements et de travestissements, il a choisi une mise en scène effrontée où le baroque côtoie le grotesque sans jamais déflorer la langue de Marivaux. En jouant l’outrance et la provocation, Guillaume Vincent et son équipe osent transposer cette pièce du XVIIIème siècle dans une esthétique et une atmosphère tout à fait contemporaines.
Leur vision iconoclaste de la Fausse Suivante est à la fois lucide et renversante, elle propose une transgression de l’approche habituellement plus classique et plus romantique de Marivaux.
Ce sont toutes ces raisons qui nous ont conduit à soutenir ce jeune metteur en scène qui, pour la petite histoire, a fait ses débuts à Aix en Provence.
Nous souhaitons par ce courrier vous informer de la liberté de ton de ce spectacle, sachant que l’équipe artistique se tiendra à votre disposition, après la représentation, pour échanger sur vos impressions.
Recevez mes salutations cordiales,
Annette Breuil »


Nous voilà donc prévenus…Il ne faudra pas venir se plaindre si le spectacle heurte…la sensibilité des spectateurs.
Imaginons maintenant la même lettre…mais écrite par le trio percutant de la Direction du Festival d’Avignon ! Imaginons…une lettre reçue le 15 mai 2005 :
« Vous avez choisi de venir voir cet été la programmation du Festival d’Avignon élaborée avec Jan Fabre, artiste associée pour l’édition 2005.
Il a réalisé une programmation tout à fait audacieuse avec une jeune équipe artistique pleine de fougue tout droit sortie des écoles de théâtre et de danse les plus prestigieuses de Flandre.
Jan FAbre se confronte ici à aux pièces les plus noires et les plus cruelles du répertoire flamand et français.
Pour restituer cette férocité et ce théâtre de faux semblants fait de masques, de déguisements et de travestissements, il a choisi des mises en scène effrontées où le baroque côtoie le grotesque sans jamais déflorer le langage du texte et du corps. En jouant l’outrance et la provocation, Jan Fabre et son équipe osent transposer des pièces du XXème siècle dans une esthétique et une atmosphère tout à fait contemporaines.
Leur vision iconoclaste du théâtre et de la danse est à la fois lucide et renversante, elle propose une transgression de l’approche habituellement plus classique et plus romantique du théâtre classique.
Ce sont toutes ces raisons qui nous ont conduit à soutenir ce metteur en scène qui, pour la petite histoire, a fait ses débuts en France en Avignon.
Nous souhaitons par ce courrier vous informer de la liberté de ton des spectacles de l’édition 2005, sachant que l’équipe artistique se tiendra à votre disposition, après les représentations, pour échanger sur vos impressions.
Recevez nos salutations cordiales,
Hortense Archambault, Vincent Baudriller, Jan Fabre »

Le principe de précaution appliqué à la grippe aviaire a conduit des millions de français à se ruer sur les vaccins contre la grippe.

Le principe de précaution appliqué au théâtre conduira les français à venir au spectacle comme on regarde TF1…Immunisé…


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B
Merci pour ce commentaire...appuyé. "Libération" en date du 26 novembre fait le point quatre mois après sur la polémique d'Avignon. Nous n'avons pas fini de payer le climat délétaire d'Avignon. Les Sarkosistes n'attendaient que cela. <br /> Il est tout de même inquiétant que certains directeurs de théâtre tombent dans le piège. Jamais je n'aurais pensé un jour recevoir un tel courrier de la part d'un théâtre...
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J
Bien vu ! A rapprocher aussi des paquets de céréales ou de biscuits : "peut contenir des traces d'iconoclasme".<br /> Ce genre de précautions en dit long sur le degré de crétinisation (ou niaisisation, ou culcultisation, mais ces mots n'existent pas encore) atteint par notre société - une société qui a de plus en plus peur d'elle-même, de son petit doigt, et qui veut mettre de la sécurité partout, abolir le danger, figer tout par des règles jusqu'à l'absurde. Quel déclin de la pensée !
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