Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
Lui, c’est Benjamin Verdonck, acteur – performeur flamand. Avec son short Adidas, son
tee-shirt rose et sa démarche désarticulée, il m’évoque l’adulte habité par les traumatismes de l’enfance. Il se couvre de cirage noir, tel un guerrier, pour (ré)apparaître progressivement avec
son visage d’enfant. C’est parce qu’il danse avec elle, qu’il se transforme…
Dans cette guerre atroce, Fumiyo ne résiste pas toujours. Elle est souvent l’objet de
convoitise de cet enfant. Il joue avec elle, ne sachant plus très bien la différence entre l’acte sexuel et un jeu de gosse. Cette confusion est magistralement restituée à partir de deux autres
objets (un grand carton et un matelas) : tour à tour cachette, trampoline, lit conjugal, cave souterraine, tout y passe ! Mais peut-il se remettre du carnage ? Qui est-il à
la fin ? Que peut-il bien dire à Fumiyo qui, incarnant une psychologue, l’aide à verbaliser les images l’horreur ? Comment lui redonner sa part d’humanité ? C’est alors qu’elle
finit par lui demander : « Que penses-tu de moi » ? Rideau.
Crédit
photo: © Christophe Raynaud de Lage/Festival
d'Avignon