Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
C’est dans ce contexte que « Pasodoble » de Michel Kelemenis
présenté au Théâtre de la Criée de Marseille déçoit alors que sa dernière création, « Aphorismes géométriques »
était un chef d’œuvre. On est d’autant plus frustré qu’un collectif semble s’être constitué autour de cette production : Agatha Ruiz de la Prada, nom prédestiné, s’est particulièrement
investie dans la création des costumes ainsi que l’orchestre TM+ (présent dans la fosse) a joué les compositions de Philippe Fénelon créées pour la circonstance.
Pour m’échapper, je me décentre vers les coulisses de l’arène (subtilement séparés par de très fines
lamelles de tissu) : il s’y joue l’implicite, ce que l’on ne voit pas sur scène. Je cherche le mouvement qui transcende ce lieu circulaire pour ressentir une force poétique capable de
dépasser ces jeux sans importance. Les deux danseuses portent le projet de transformer l’arène en espace élargi (réminiscence des « Aphorismes géométriques » ?) tandis que le
quartet masculin semble subir, suivre. Le tableau final où la scène est recouverte d’un tissu noir aurait pu ouvrir : il enferme les danseurs dans des envolées qui tombent à
plat. Allongés les uns à côté des autres, les corps semblent ne plus rien avoir à nous dire, prisonnier de ce beau divertissement.
♥♥♥♥♥♥ "Pasodoble" de Michel Kelemenis a été joué le 30 juin 2007 dans le cadre
du Festival de Marseille.
Crédit photo: Mathieu Barret.