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Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.

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Alain Buffard renverse Montpellier Danse et bouleverse le Théâtre du Merlan.

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Incident grave au Théâtre du Merlan de Marseille, situé dans les quartiers nord de la ville, lors de la représentation le samedi 21 février 2009, de « (Not) a love song » du chorégraphe Alain Buffard. Après seulement trois minutes de représentation, le guitariste Vincent Ségal a ordonné le départ de (jeunes) spectateurs manifestement trop bruyants. Alain Buffard est ensuite monté sur scène pour exiger que tout un groupe quitte la salle. Manifestation du public, départ de spectateurs (dont des représentants de tutelles), impuissance de la direction du Théâtre.  

Vous trouverez ci-dessous,:

-          Un regard critique du spectacle écrit lors de l'édition Montpellier Danse 2007.

-          En cliquant ici sur "commentaires", des contributions de spectateurs suite à l'incident au Théâtre du Merlan et un débat sur le positionnement des médiateurs culturels.

Nous reviendrons plus tard sur cet incident afin de porter un regard distancié sur ce qu'il est aujourd'hui : le symptôme d'une désarticulation.



L'époque est aux chansons d’amour. Après le magnifique dernier film de Christophe Honoré, la danse s’empare du sujet avec jubilation, gravité et dérision. Le chorégraphe Alain Buffard fait l’évènement (et salle comble) à Montpellier Danse avec « (Not) a Love Song ». À l’issue de la représentation, le public fait un triomphe à celui qui vient de le faire rire jusqu’aux larmes, de l’émouvoir jusqu’aux frissons. Cette création est une performance d’acteurs où le moindre mouvement du corps et la plus petite note de musique participent à une fresque cinématographique chantée, dansée où s’incarne tout à la fois Marlene Dietrich, Bette Davis, Lou Reed, David Bowie et James Brown ! Pour réaliser cette prouesse, Alain Buffard a réuni sur le plateau quatre artistes d’exception : le performer – danseur – chanteur – musicien américain Miguel Gutierrez, la chorégraphe et chanteuse Portugaise Vera Mantero, l’Italienne Claudia Triozzi et le musicien français Vincent Segal. À eux quatre, ils redessinent les contours d’une œuvre transdisciplinaire où le spectateur lâche prise à l’infini et finit pas se sentir agréablement vulnérable !
Elles sont deux femmes, stars déchues du cinéma. Les fans les abandonnent à leur quotidien, réduit à cet espace scénique où le miroir les renvoie à leur passé glorieux, leur garde – robe à leurs anciennes coulisses et les quelques marches du salon à leur palais des Festivals. Elles ont tout perdu et la scène leur offre l’opportunité pour tout balancer. À partir de répliques extraites des grands classiques du cinéma, elles chantent ce qu’elles ne peuvent plus dire. Elles vont au cinéma pour permettre aux fans « les plus intelligents »  de les observer se regarder à l’écran ! Ainsi qualifié, le public de Montpellier Danse peut s’en donner à cœur joie pour scruter le moindre fait et geste de ce duo hors pair. Nous serions presque au cinéma si la présence du musicien et du chanteur – performer n’étaient là pour nous rappeler qu’entre danse, théâtre, 7ème art, défilé de mode, les frontières ne tiennent plus à grand-chose, face à cette tragédie des temps modernes, où la starisation conduit à la perte de soi.

 


(NOT) A LOVE SONG
CNDC

 

Alain Buffard aime ces deux actrices, car, au-delà des apparences, c’est d’amour et toujours d’amour dont il s’agit. Cette tragi-comédie s’inscrit dans un espace tout à la fois vertical et horizontal, où votre regard ne se perd jamais tant le tout est cohérent. Les corps sont là pour nous rappeler que la danse n’est pas l’art du divertissement, mais de la transformation pour comprendre l’indicible. À quatre, ils métamorphosent tout sur leur passage comme s’il fallait réapprendre le lien, le sentiment amoureux (quitte à clamer « je ne t’aime pas ») loin des codes hystériques des fans. Et aussi étrange que cela puisse paraître, Alain Buffard nous replace dans leur histoire (de fous et de folles) où le rire est le plus beau des chants d’amour.


Pascal Bély
www.festivalier.net


"(Not) a love song" d'Alain Buffard a été joué les 23 et 24 juin 2007 dans le cadre du Festival Montpellier Danse.

Revenir au sommaire Consulter la rubrique danse du site.

A lire aussi un autre regard sur le blog "Danse à Montpellier".


  Crédit photo: Marc Domage

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I
à propos du cas Buffard, la responsabilité est au lieu qui accueille une programmation qui n'est pas annodine, le merlan est situé sur un territoire avec des missions de politique culturelle envers ses publics, cette scène nationale à oublier quelle n'est pas le chatelet, ses missions doivent en majeure partie prendre en compte la mixité de ses public, elle aurait du prendre précaution et programmer mr Buffard dans un cadre approprié tard le soir car buffard ça n'est pas du grand public c'est pour les initiés et en faut ! mais mettre public et artistes en mauvaise posture...c'est une erreur stratégique du Merlan qui oublie ou il se situ et à qui il s'adresse....... ISA
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S
pascal, vous rêvez. N'attendez rien de tout cela. il y a toute une jeunesse que nous sacrifions; n'attendez pas des théâtres ce que nous mêmes ne faisons pas.concernant le merlan, cela fait belle lurette que j'y vais plus; c'est un théâtre pour bobos qui se donnent bonne conscience en mettant quelques jeunes colorés dans la salle. quand je vois le cycle sur le sexe,il y a de quoi hurler! mais qui de ce quartier va aller voir ces spectacles! mais qui??? quand vous pensez que dans certaines familles, le sexeest otalement tabou! masi dans quelle planète ils vivent dans ce théâtre? bon, j'arrête..;je m'énervebien à voussolange
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L
Hier soir, sur Radio Grenouille, à Marseille. Plusieurs responsables de structures culturelles échangent sur leur programmation et la médiation culturelle. Arrive le moment où est évoqué l'incident du 21 février au Merlan. Anaïs Lemaignan, directrice des relations au public, minimise son impact. Le journaliste relance peu et préfère nous faire entendre un enfilage de perles des deux danseuses de Buffard sur la médiation plutôt que d'évoquer leur ressenti sur ce qu'il s'est passé. Sur ces "jeunes", on ne saura rien d'eux. Ils n'existent pas. Hallucinant! Sur Alain Buffard? Arrêter un spectacle après cinq minutes et sortir des spectateurs d'un théâtre n'émeut aucun invité dans le studio.Hier soir, au volant de ma voiture, j'étais ému. Cette histoire fait mal et sans vouloir entrer dans la polémique, j'aurais aimé connaître le ressenti de ces jeunes au sujet de la pièce de Buffard. Lorsque j'ai vu "(not)a love song" à Montpellier Danse, je me souviens encore des rires du public dès les premières minutes. Buffard n'y a rien trouvé à redire. A marseille, ces jeunes ont exprimés à leur façon ce que provoque toujours la danse contemporaine. Mais on préfère avoir une lecture "comportementale" de leurs agissements plutôt que d'écouter, calmement, ce qu'ils ont à nous dire. nous serions bien inspirés d'inventer la médiation démocratique avant que tout cela nous pête à la figure;Pascal Bély
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M
Peut-on suggérer à l’équipe du Merlan d’afficher dans les loges des artistes ce qui est écrit dans le site du Merlan à la rubrique « présentation » ? ça évitera à d’autres artistes de se ridiculiser.« La scène nationale est implantée dans les quartiers nord de Marseille, qui concentrent la population la plus défavorisée et la plus multiculturelle de la ville.Le pari est de transformer le théâtre en une maison ouverte et commune à tous, de favoriser un vivre ensemble, entre les artistes, les habitants et l'équipe du Merlan. Le nomadisme et l'occupation de la « maison » vient ensemble à créer des liens, entre les quartiers de cette ville éclatée et à tisser des relations impliquantes avec les habitants des quartiers nord.Dans une ville à forte mobilité, de migrations et d'inégalités sociales, le Merlan entend jouer un rôle actif et précurseur, pour créer du partage autour des projets des artistes. »
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L
Le droit de réponse de Nathalie Marteau, directrice du Merlan, publié dans le journal La Marseillaise suite à l'article de Denis Bonneville (voir plus loin dans les commentaires):Droit de réponse. La directrice du théâtre du Merlan réagit. « Toucher tout un chacun »  n Suite à la parution de l’article « Respect et angélisme » paru dans notre édition d’hier, Nathalie Marteau, directrice de la scène nationale du Merlan, à Marseille, a souhaité exercer son droit de réponse. Nous le publions dans son intégralité.     « Samedi soir, le spectacle (Not) a love song qui ouvrait le cycle Pluri(elles) consacré aux femmes a été brutalement interrompu par le chorégraphe Alain Buffard, suite à la perturbation engendrée par quelques spectateurs. Certains ont regretté l’absence de parole de la direction du théâtre à ce moment-là ; ce que je comprends et ce que je suis la première à regretter, dépassée par la violence de l’évènement.     « Je ne voudrais pas que cet incident fasse oublier le travail mené par l’équipe du Merlan depuis 4 ans. Je voudrais rappeler notre projet et notre volonté : réaliser une programmation exigeante, capable de toucher tout un chacun, sans segmenter les publics.     « Ce qui est souvent apprécié au Merlan, et qui est au cœur de notre projet, est la mixité de sa salle, fruit d’un travail de terrain quotidien, loin de la démagogie et de l’amateurisme. Je suis peinée de voir que ce qui fait notre force et notre engagement soit l’endroit où nous sommes attaqués. J’invite donc [la rédaction] à venir partager notre travail mené auprès des publics, notamment du quartier.     « Les questions posées par ce qui s’est passé samedi soir sont complexes et, soyez-en sûrs, seront réfléchies par l’équipe du Merlan et tous ceux qui souhaitent s’y associer : spectateurs, artistes, tutelles, partenaires ». NATHALIE MARTEAU, DIRECTRICE DU MERLAN-SCENE NATIONALE  Ndlr. Dans l’article incriminé, il n’était nullement question de remettre en cause le travail effectué par le Merlan-scène nationale auprès des publics de manière générale, mais de pointer les déficiences évidentes sur le spectacle de samedi.
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